« Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier ».

(Psaume 119.105)

LA BIBLE EN 10 MOTS
3. UNE LUMIÈRE VÉRITABLE

Nous croyons que la Bible mérite vraiment notre confiance. Jusqu’à maintenant, nous avons souligné à quel point la Parole de Dieu, que nous appelons la Bible, est un phénomène unique : sa longévité, sa diffusion planétaire et ses nombreuses traductions, ses adversaires nombreux, son intégralité et son invariabilité confirmée par des découvertes récentes. Nous avons également affirmé que la Bible est un livre authentique et fiable par : son unité, ses prophéties (ses prédictions), ses affirmations historiques et scientifiques, son impact et son influence sur l’humanité, son message décisif et bouleversant et finalement son autorité reconnue par Jésus-Christ. Maintenant, faisons un pas de plus. Considérons maintenant ce Livre de l’intérieur. Les saintes Écritures sont une Lumière véritable.

Comment esquisser un portrait honnête de son contenu ? Plusieurs textes bibliques comparent la révélation écrite à une lumière, une lumière véritable qui éclaire, qui révèle, qui dévoile. Cette lumière, dans la Bible, est toujours symbole de la Vérité. Par exemple, dans le Psaume 119, il est dit : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. (Psaume 119.105) ; et un peu plus loin encore : « La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples » (Psaume 119.130).

Dans une de ces lettres, l’apôtre Pierre écrit : « Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos coeurs » (2Pierre 1.19). Ce texte attribue à la parole de Dieu un rôle essentiel et déterminant pour nous guider dans notre pèlerinage sur terre  ; « une lampe dans un lieu obscur » qui nous apporte un éclairage certain dans un monde de grande confusion. Ce texte souligne également l’impact tangible et bénéfique que l’Écriture peut avoir dans nos vies. Comme on peut le constater encore aujourd’hui, « ce ne sont pas les obscurités de la Bible qui éloignent d’elle certains esprits ; ce sont ses clartés » (Torrey).

En feuilletant la Bible, nous remarquons que chaque livre est divisé en chapitres, qui sont eux-mêmes divisés en versets numérotés. Bien sûr, cette division en « chapitres » et « versets » est extrêmement pratique pour se référer à un texte rapidement et en faciliter, par exemple, une lecture suivie en groupe. Ces aides typographiques n’ont pas toujours existé.

En fait, tous les anciens papyrus antiques et tous les nombreux parchemins (codex) de la Bible retrouvés ne présentaient aucune division ou subdivision visible ou apparente dans le texte. Plus encore, il n’y avait aucune séparation entre les mots. Chaque petit espace disponible sur le papyrus ou sur le parchemin était utilisé à son maximum.

À cette époque, c’est la taille du papyrus ou du parchemin qui commandait la division. Les paragraphes n’existaient même pas et aucune ponctuation ne facilitait la lecture. Ce détail nous semble important à souligner. Car il ne faut jamais oublier que ces divisions fixées de façon utilitaire peuvent dans certains cas entraver et même nuire à la compréhension du texte en laissant subsister, malheureusement, une certaine confusion.

Dans les Écritures, il y a toujours un fil conducteur, un lien qui relie une idée à une autre. Ce lien peut être rompu, affaibli ou obscurci par ces ajouts très pratiques. Autrement dit, le développement ou la structure d’un livre ne suit pas nécessairement la division qu’on lui a donnée en chapitres. À l’origine, ces éléments n’existaient tout simplement pas.

La division en versets a été instituée pour les Écritures hébraïques (AT) par des scribes du IXe siècle, les sopherim (les gens qui savent écrire), copistes et interprètes de la Parole de Dieu, appelés plus tard les massorètes (maître de la tradition). Ce sont eux qui ont procédé au découpage du texte en sections de lecture (parashiyot) et en versets (pessouqim). [1]

Et ce n’est que beaucoup plus tard, en fait au XIIIe siècle, que Stephen LANGTON, professeur à l’Université de Paris, puis archevêque de Canterbury, (où cardinal Hugues de Saint-Victor ?) divisa toute la Bible en chapitres. [2]

Robert ESTIENNE, célèbre imprimeur et éditeur du XVIe siècle, par la nature même de son travail, vit l’intérêt pratique d’un système de division en chapitres et versets en vue de faciliter les citations, les vérifications et recherches d’un passage quelconque de l’Écriture. Grand savant lisant couramment l’hébreu et le grec, il introduit ce système dans son édition gréco-latine du Nouveau Testament parue en 1551. C’est lui qui imprima également, deux ans plus tard, la Bible d’Olivétan qui était une révision de la Bible française de Lefèvre d’Étaples réalisée en 1530. Le 4 juin 1553, donc, paraît pour la première fois, en français, une Bible avec la numérotation actuelle des versets et des chapitres pour la Bible tout entière.

Petite parenthèse ici: c’est ce Pierre Olivétan qui a introduit le terme « L’Éternel » pour traduire le tétragramme « YHWH » de la bible hébraïque (Tanack pour les juifs – Ancien Testament pour les chrétiens). Le tétragramme YHWH est le nom divin le plus fréquemment employé dans l’Ancien Testament (plus de 6000 fois). On rattache le sens exact de YHWH à la racine du verbe « être » que l’on retrouve dans le célèbre récit de la révélation de Dieu à Moïse en Exode 3.14 : « Je suis celui qui suis ». Alors que les langues européennes rendent le tétragramme YHWH par des mots communs ne reflétant pas le sens originel (Herrn, Lord, Signor, etc.) la langue française a ainsi bénéficié d’une traduction dynamique de premier ordre, reflétant au mieux le sens profond d’un terme hébreu et qui n’a pas son équivalent dans d’autres langues.

En ouvrant une Bible, nous remarquons que ce livre est constitué de plusieurs livres. Combien de livres exactement ? Une collection de 66 livres : 39 livres pour l’Ancien Testament et 27 pour le Nouveau Testament ? En fait, c’est le nombre de livres que nous retrouvons dans la plupart de nos Bibles aujourd’hui. [3]

Quelques versions dites « catholiques » et « œcuméniques » possèdent 73 livres (nous comprendrons plus loin pourquoi cette différence). En réalité, pour être honnête et fidèle à la structure et à l’organisation qui émane et transparaît du premier livre de la Bible jusqu’au dernier, nous voulons démontrer ici un fait bien attesté par les manuscrits et les documents historiques : la Bible, originellement, arborait ou présentait un arrangement, un ensemble cohérent de 49 livres divisés en 7 parties.

Prenons le temps d’éclaircir cette affirmation audacieuse et surprenante. Cela nous conduira à réaliser indéniablement que la Bible n’est pas un assemblage de livres incohérents, mais qu’elle possède une structure qui dévoile sa perfection et surtout, son but ultime. Quel est le désir, l’intention première du Créateur derrière toutes ses paroles qu’Il a inspirées et préservées au cours des siècles ?

Jésus a dit : « Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5.18). Il est écrit aussi : « Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne; vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien. » (cf. Deutéronome 12.32 ; cf. aussi Apocalypse 22.17).

Pour bien saisir le sérieux de ces déclarations qui nous sont données, reculons dans l’histoire et demandons-nous pourquoi seul un nombre très précis de livres ont été retenus et établis comme sacrés et inspirés par Dieu ? Sur quelle base ont-ils été reconnus comme faisant autorité ? Et sur quels critères le choix des livres a-t-il été fait ? Et surtout, qui pouvait s’arroger le mandat de fixer et d’arrêter ce choix ? En d’autres mots, comment être assurés que nous possédons bien le véritable « canon » des Écritures?

Le mot « canon » (du grec kanon) signifie « la règle dont on se sert pour mesurer ». Ce mot grec est lui-même emprunté à l’hébreu qaneh, traduit dans la Bible par roseau, mesure, (cf. Ézéchiel 40.3 ; Apocalypse 21.15)

Le terme canonique, appliqué à la Bible, veut dire que ces livres portent manifestement l’empreinte et le sceau du Créateur au niveau de son inspiration, son inerrance, son autorité et qu’ils ont été distingués de tous les autres livres appelés « apocryphes ». Le mot apocryphe veut dire « écrit d’authenticité douteuse » ou  « écrit caché » ; cachés dans le sens qu’ils sont retirés aux fidèles dans les synagogues parce que d’origine et d’auteur inconnus.

Considérons premièrement le canon de l’Ancien Testament. Au début de l’ère chrétienne, le mot « Écriture » désignait déjà un ensemble déterminé d’écrits divinement inspirés, dont on reconnaissait pleinement l’autorité. C’est le sens que Jésus donne à ce mot dans (Luc 4.21) ; (Matthieu 21.42)  (Jean 10.35)  (Matthieu 22.29)  (Marc 14.49).

« Par des paroles analogues et les citations qu’il fait de l’Ancien Testament, Jésus-Christ montre qu’il considère ce groupe de livres comme la révélation écrite revêtue de l’autorité de Dieu.

Certes, Jésus ne donne ni la liste ni le nombre des livres, mais c’est à l’ensemble des Écritures que Jésus ressuscité renvoie un dénommé Cléopas et son compagnon pour qu’ils y trouvent l’explication des événements tragiques de la Croix qui viennent de se dérouler.

Prenons ici le temps de lire une partie de ce texte que l’on retrouve dans l’Évangile de Luc, au chapitre 24, verset 13 à 48 :

« Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades ; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes ? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ? Quoi ? leur dit-il.

Et ils lui répondirent : Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’ont livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël  ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés  ; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu.

Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin.

Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors, leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?

Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain. Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux, et leur dit : la paix soit avec vous ! Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur dit : pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit : avez-vous ici quelque chose à manger ?Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux.

Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses » (Luc 24.13-48).

Dans ce récit émouvant et bouleversant, Jésus-Christ lui-même confirme clairement que le canon de l’Ancien Testament était constitué de trois sections : (1) La loi de Moïse, la Torah (2) les prophètes, Névihim (3) et les Écrits, Kétuvim. Encore aujourd’hui, ces trois groupes d’écrits font toujours autorité chez les juifs. Ils leurs donnent le nom de « TaNaK ». Ce mot vient tout simplement de l’assemblage de la première lettre de chacun de ces mots : T(torah), N (néhivim) et K (kétuvim) auxquelles ils ont ajouté la voyelle ‘a’. La « TaNak » juive correspond exactement à ce que les chrétiens désignent comme étant l’Ancien Testament. Voici l’ordre de ces livres tels qu’ils existaient au début :

Nous avons déjà souligné, vous vous rappelez, que les Juifs vénéraient leurs écrits sacrés et les étudiaient depuis leur enfance. On apprenait à lire, à écrire et à compter avec ces textes. Encore aujourd’hui, ce souci extrême de préserver la totalité et l’intégralité du texte inspiré se perpétue. Les scribes (en hébreu « sopherim » qui vient d’un verbe qui veut dire compter, énumérer, faire connaître) de tous âges ont toujours pris un grand soin dans la retranscription exacte du texte biblique. Chaque lettre était comptée. Vigilant à localiser la moindre omission dans un manuscrit, les scribes, les « gardiens des écritures » recherchaient également le mot et la lettre du milieu de chaque livre et le milieu de chacune des trois divisions en ajoutant un caractère suspendu, inversé ou une lettre disproportionnée par rapport aux autres comme point de repère. On s’est demandé longtemps le pourquoi de la présence de telles particularités dans le texte biblique.

Josèphe, un historien juif du premier siècle, contemporain de ceux qui avaient écrit le Nouveau Testament, décrit le sentiment des Juifs envers les Écritures : « . . . Car nous n’avons pas une multitude innombrable de livres chez nous, en désaccord et se contredisant l’un l’autre (comme chez les Grecs), mais seulement 22 livres que nous considérons, à juste titre, être divins . . . » (Contre Apion, 8). Josèphe déclarait que les Écritures juives avaient été regroupées dans leur état final à l’époque du roi perse Artaxèrxes, qui régnait du temps d’Esdras et de Néhémie.

Seulement 22 livres dans l’Ancien Testament ! En fait, ne craignons rien, ces 22 livres répertoriés par les Juifs correspondent bien aux 39 livres que l’on retrouve dans presque toutes les traductions modernes. La différence vient de la façon dont les livres sont comptés. Les douze prophètes mineurs, par exemple, étaient conservés sur un seul rouleau en hébreu, et ne comptaient que pour un livre seulement, au lieu de 12 livres séparés. Les deux livres de Samuel et les deux livres des Rois ne faisaient partie que d’un seul livre (le livre du royaume : nommé de cette façon dans la Bible 2Chroniques 16.11), au lieu de quatre livres séparés. Également, 1Chroniques et 2Chroniques étaient réunis en un seul livre (cf. 1Chronique 14.19 etc.) Les deux autres livres fusionnés étaient Josué-Juges et Esdras-Néhémie.

22 ou 39 livres : est-ce vraiment important et pertinent de discuter de tout cela ? L’essentiel n’est-il pas d’avoir tout simplement ces livres, qu’importe la façon dont ils sont regroupés et positionnés dans notre Bible ? Voilà une question intéressante.

Les Juifs accordaient une importance significative au nombre 22, nombre qui correspond aux 22 lettres de leur alphabet : l’alphabet hébreu. (L’alphabet « phénicien », le plus vieil alphabet découvert possède lui aussi 22 lettres et est vraisemblablement issu d’une souche commune à l’ancien hébreu, appelée le protosémitique. On voit sur cette charte l’évolution de l’écriture jusqu’à aujourd’hui. Les ressemblances entre les anciens alphabets et les alphabets modernes sont vraiment frappantes.)

Pour les juifs, les 22 livres de la révélation écrite correspondant aux 22 lettres de leur alphabet, signifiaient que tout avait été écrit, les lettres avaient été « épuisées » la finalité de l’écriture était accomplie. Ce nombre de livres pour l’Ancien Testament est bien attesté dès le début de l’histoire de l’Église par plusieurs écrivains autant d’origine grecque, syrienne, arménienne ou romaine. Tous se référent au nombre précis de 22 livres pour l’Ancien Testament :

  • Mélito, un responsable d’assemblée de la ville de Sardes (170 après Jésus-Christ), parle du canon des Écritures et mentionne que les juifs possèdent 22 livres qui constituent l’Ancien Testament.
  • Origène d’Alexandrie (210 après Jésus-Christ) aussi en donne le même nombre : « Il est établi que les livres canoniques retenus par les juifs sont au nombre de vingt-deux, correspondant au nombre de leurs lettres.  »
  • Hilarie de Poitiers (360 après Jésus-Christ) : « La parole de l’Ancien Testament est considérée comme divisée en vingt-deux livres, correspondant au nombre de leurs lettres. »
  • Athanase d’Alexandrie (365 après Jésus-Christ): « Il y a ainsi dans l’Ancien Testament vingt-deux livres en nombre . . . c’est le nombre de lettres parmi les Hébreux ».
  • Le Concile de Laodicée (343–391 après Jésus-Christ) (ville mentionnée dans l’Apocalypse, la dernière des sept églises . . . ) décréta que seul l’Ancien Testament (22 livres sont bien énumérés) et les 26 (!) livres du Nouveau Testament devaient être lus dans les églises. Le 27e livre, l’Apocalypse de l’apôtre Jean, posait problème pour certains à ce moment. On peut comprendre un peu cette réticence vis-à-vis ce livre en lisant le message particulier que Jésus donne justement à l’Église de Laodicée. (cf. Apocalypse 3)
  • Cyrile de Jérusalem (386 après Jésus-Christ) : « Lisez les divines Écritures, les vingt-deux livres de l’Ancien Testament
  • Grégoire de Nazianze (390 après Jésus-Christ): « J’ai commenté les vingt-deux livres qui correspondant aux vingt-deux lettres des Hébreux ».
  • Épiphane de Salamine (400 après Jésus-Christ) : 22 Livres.
  • Rufin d’Aquilée (410 après Jésus-Christ) : 22 Livres.
  • Jérôme (410 après Jésus-Christ): avec sa traduction latine, la Vulgate, de façon arbitraire, apporte pour la première fois une nouvelle disposition en divisant certains livres qui étaient auparavant groupés ensemble. Résultat : on obtenait un nombre de livres supérieur, soit 39, et même 46 en y ajoutant les apocryphes de l’Ancien Testament (pseudépigraphes). « Que les hébreux possèdent une écriture de 22 lettres est attesté . . . comme il y a 22 caractères par lesquelles nous pouvons écrire en hébreu tout ce que l’on veut . . . ainsi nous reconnaissons vingt-deux livres par lesquels l’homme juste peut recevoir instructions ».
  • Dans un synopsis (notes individuelles) des Écritures saintes (c. 500 après Jésus-Christ) : « Les livres canoniques de l’Ancien Testament sont au nombre de vingt-deux, égale au nombre de lettres hébraïques, car ils ont un alphabet particulier ».
  • Isidore de Séville (600 après Jésus-Christ) affirmait que l’Ancien Testament avait été rassemblé et canonisé définitivement par Esdras, sacrificateur et scribe, en 22 livres, « livres qui devaient correspondre au nombre de leurs lettres ».
  • Léonce, empereur byzantin (610 après Jésus-Christ) : « Dans l’Ancien Testament, il y a vingt-deux livres ».
  • Jean de Damas (730 après Jésus-Christ): « Observez cependant qu’il y a vingt et deux livres dans l’Ancien Testament, un pour chaque lettre de l’alphabet hébreu ».
  • Nicéphore (IXe siècle après Jésus-Christ) : « Il y a vingt-deux livres dans l’Ancien Testament ».
  • Jésudad, évêque de Haditha en Syrie (852 après Jésus-Christ) reconnaît le canon de l’Ancien Testament à 22 livres.
  • Hrabanus, archevêque de Mayence et théologien (IXe siècle après Jésus-Christ) dit lui aussi que « l’Ancien Testament a été rassemblé par Esdras en 22 livres distincts équivalents à leurs nombres de lettres ».
  • Moïse de Chorène, un historien arménien (1000 après Jésus-Christ ou peut-être plutôt au VIe siècle) « vingt-deux livres dans l’Ancien Testament est clairement le canon des juifs ».
  • Pierre de Cluny, évêque de Polycastro (1150 après Jésus-Christ) : vingt-deux livres.
  • Jean de Salisbury, philosophe et historien anglais (1180 après Jésus-Christ) : vingt-deux livres.
  • Hughes de St. Victor, philosophe, théologien et mystique (XIIe siècle) : « vingt-deux livres ».
  • Richard de St.Victor, moine écossais (XIIIe siècle) : « vingt-deux livres».

Ces témoignages divers au cours des différents siècles nous semblent amplement suffisants.

Une autre particularité qu’on retrouve dans l’Ancien Testament qui manifeste l’attachement des juifs pour la signification symbolique de ce nombre 22 est le fait que cet alphabet hébreu apparaît dans différents textes des Écritures sous forme d’acrostiche. Qu’est-ce qu’un acrostiche ? . . .(Exemple). Chaque phrase commence par une lettre d’un mot en particulier.

Dans le Psaume 119, le psaume le plus long, les 8 premières phrases commencent par la première lettre de l’alphabet (Aleph), les 8 phrases suivantes par deuxième lettre de l’alphabet (Beth), ainsi de suite. Ce psaume est composé de 176 phrases: 8 phrases commençant avec chacune des lettres de l’alphabet hébreu, soit 22 X 8 = 176 versets (Extrait du psaume 119, 24 premiers versets et 3 premières lettres hébreux). Un acrostiche complet possédant les 22 lettres de l’alphabet, transmet un sentiment de finalité, une réalisation complète d’une parfaite symétrie. Étonnament, le sujet central de ce psaume est de magnifier la révélation écrite. Son auteur manifeste l’attachement et l’amour extrême qu’il porte envers toute la Parole de Dieu !

Le nombre 22 est définitivement entouré d’une grande valeur symbolique pour les juifs. (Le 22e descendant depuis Adam, le premier homme, est Jacob dont le nom a été changé en celui d’Israël. Il y a exactement 22 personnages de l’Ancien Testament qui sont mentionnés dans le Nouveau Testament (Abel, Noé, Abraham, Lot, la femme de Lot, Isaac, Jacob, Moïse, David, Salomon, la reine de Schéba, Élie, Élisée, Naaman le syrien, la veuve de Sarepta, Ésaïe, Zacharie, Barachie, Daniel le prophète, Jonas, , Abiathar le sacrificateur et finalement Satan).

Soulignons aussi qu’étrangement, l’information génétique chez l’homme, est répartie sur les 46 chromosomes (23 paires). Les 22 premières paires sont appelées « autosomes ». La 23ème paire est celle qui détermine le sexe de la personne. Il s’agit des chromosomes X et Y. Les femmes possèdent deux chromosomes X, alors que les hommes possèdent un chromosome X et un chromosome Y.

Pour les plus curieux, il y a exactement 22 os qui constituent notre crâne, notre « golgotha »en hébreu).

Nous vous mentionnons cela pour vous conduire justement au mont Golgotha, où l’on retrouve un autre exemple d’acrostiche assez surprenant qui apparaît sur l’écriteau en bois placé au-dessus de la tête de Jésus sur la croix. Pilate avait ordonné d’écrire le motif de la condamnation en trois langues : en hébreu, en grec et en latin :). En hébreu, le texte « Jean 19.19 correspond à « Yéshoua HaNotsri OuMelech HaYehoudim ». Les quatre premières lettres de chacun de ces mots forment YHVH, le Tétragramme du nom de Dieu, traduit en français par L’ÉTERNEL ! Est-ce pour cette raison que les chefs religieux, habitués à lire dans leurs écrits sacrés ce genre d’acrostiche et de ce fait, scandalisé, ont demandé à Pilate de modifier cette inscription ? Nous ne le savons pas. Mais Pilate leur a répliqué : « (Jean 19.21-22).

En dehors des 22 livres de l’AT, qui correspondent aux 39 livres des bibles modernes, il existe d’autres livres qualifiés d’« apocryphes ». Il y en a plusieurs. Ce sont les livres de: Tobie, Judith, Maccabées I et II, le Livre de la Sagesse, l’Écclésiastique, appelé aussi Ben Sirach, et Baruch. En font partie aussi certaines additions aberrantes au livre de Daniel: un chapitre 13, relatant l’histoire de Suzanne, un chapitre 14 avec le récit de Bel et le Dragon, et au chapitre 3, un ajout appelé « Cantique des trois jeunes gens ». Cent sept versets (Esther Grec) viennent également s’ajouter au livre d’Esther.

Leur origine est obscure et leur auteur inconnu. À côté d’histoires authentiques et de pensées élevées, on trouve des légendes, de toute évidence des erreurs, des fables, des superstitions, des pratiques occultes, des fraudes et des fausses doctrines : prier les morts, salut par les œuvres ou par le jeûne, célibat des prêtres, l’aumône qui expie les péchés et délivre de la mort, le culte des anges, le purgatoire, etc.

Ces écrits apocryphes furent ajoutés et officialisés par l’Église catholique romaine lors du Concile de Trente. Concile qui a débuté le 13 décembre 1545 et se déroula sur une période de 18 ans, nécessitant vingt-cinq sessions, et cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV). On y promulgua le décret suivant : « Si quelqu’un ne reçoit pas pour sacrés et canoniques ces livres entiers avec toutes leurs parties . . . qu’il soit anathème ! »

Mais pourquoi donc Rome prit-elle une position si nouvelle et si osée ? Parce qu’elle manquait d’arguments, face aux Réformateurs, pour justifier ses déviations non bibliques et croyait trouver un appui dans ces livres apocryphes. On leur a donné le nom subtil de « deutérocanoniques »(canonisés après les autres). C’est en réaction aux progrès de la Réforme protestante que ce Concile redéfinit le péché originel, la justification, une autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirma les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation.

L’intrusion de ces textes apocryphes dans la Parole de Dieu est lourde de conséquences. Ces additions représentent un quart du volume de l’Ancien Testament dans les versions qui les conservent.

Pourtant, jamais ces livres n’ont été reçus dans le canon juif ni admis par les Juifs ou par les chrétiens des premiers siècles comme faisant parti des Écritures inspirées. Ils n’ont pas de place dans le texte massorétique et ne sont interprétés par aucun Targum (commentaires juifs de l’Ancien Testament). Il est d’ailleurs frappant de constater qu’ils ne sont jamais cités dans le Nouveau Testament, ni par Jésus, ni par les apôtres.

L’expression habituelle et familière « Ainsi parle l’Éternel . . . », répétée plus de 3800 fois dans les pages de l’AT, n’apparaît aucune fois dans les textes apocryphes. Ces livres apocryphes subsistent encore aujourd’hui dans certaines versions de la Bible (Bible Latine du Vatican, Bible de Jérusalem, Bible de Chouraqui, TOB – Traduction Œcuménique de la Bible).

La Septante, première traduction de la Bible en grec (travail qui fut accompli sous l’autorité du roi d’Égypte, Ptolémée Philadelphe qui, par curiosité littéraire, demanda qu’à côté des textes reconnus sacrés par les juifs soient traduits des textes d’origine incertaine; ce fut l’entrée en scène des livres apocryphes), a été la première à modifier de trois manières le canon juif :

soit le titre pour désigner chaque livre (au lieu d’identifier les livres par leurs premiers mots hébreux, la Septante leur donna un titre d’après leur contenu ou leur origine),

la manière de grouper ces livres (la Loi, les livres historiques, les livres poétiques, les livres prophétiques; pour un total de 4 parties. Cette division est encore celle de la plupart de nos Bibles modernes.)

et le nombre des écrits considérés comme sacré. Jérôme, en 405 après J.C, intégra ces modifications et introduisit les apocryphes dans sa révision d’une traduction latine (la Vulgate) de la Septante grecque élargissant le cadre de sa Bible à 46 livres pour l’AT. Jérôme avait néanmoins établi clairement la différence entre livres inspirés et les autres écrits. Son Prologus Galaetus mentionne que les apocryphes sont impropres à « confirmer l’autorité des dogmes de la foi chrétienne ». Jérôme, en 391 après J.C., écrit dans sa préface aux livres de Samuel et des Rois : « Comme il y a 22 caractères distincts par le moyen desquels nous écrivons en hébreu, nous reconnaissons ses 22 livres comme l’alphabet de la doctrine de Dieu par laquelle l’homme juste reçoit instruction dès son plus jeune âge ». Cette préface a été copiée des milliers de fois par les scribes chargés de transcrire la Bible Vulgate latine tout au long du Moyen Age. Au XVe siècle, son prologue a été définitivement éliminé.

Ce n’est seulement qu’à partir du XVIIe siècle qu’on retrouvera des Bibles sans écrits apocryphes dans des versions dites protestantes. « (Jérémie 23.28-32) Ce conseil a finalement été suivi.

Concernant le canon du Nouveau Testament, nous savons qu’après la mort de Jésus et sa résurrection, de nombreux récits fidèles et malhonnêtes de Sa vie et de Son ministère furent écrits. Des lettres aux jeunes assemblées furent rédigées. Comme les décennies passaient, ceux qui avaient été les témoins oculaires de ce qu’avait fait Jésus, et de ce qu’Il avait dit, commencèrent à quitter la scène. Déjà à cette époque, de faux enseignants et de faux prophètes s’élevaient prêchant « (2Corinthiens 11.4).

Jésus l’avait prédit : « (Matthieu 24.11) et un peu plus loin il avertissait ses disciples en disant : « (Matthieu 24.24-25).

Ces hommes, pour différents motifs, écrivaient des lettres (« pseudépigraphes»), souvent signées sous le nom d’un apôtre ou de leurs proches collaborateurs, pour leurs donner une crédibilité assurée. L’apôtre Paul fait allusion à ce phénomène dans une de ces lettres (cf. 2Thessaloniciens 2.2). De tels documents apocryphes sont bien connus aujourd’hui : l’évangile de Barnabé (histoire de trois rois mages), l’apocalypse de Pierre, l’apocalypse de Paul, l’évangile de Thomas, le récit de la naissance de Marie, l’évangile selon les Égyptiens, l’évangile de l’enfance de Jésus en arabe, même des lettres écrites par Christ, l’évangile de Judas récemment publicisé à la TV (dans ce fragment de texte retrouvé en Égypte, Judas aurait été le complice de Jésus pour le livrer aux autorités. Tous les spécialistes disent que Judas ne l’a pas écrit ! Ce n’est pas un texte historique, c’est un enseignement ésotérique, écrit 100 ans après les faits et qui imite la forme littéraire des évangiles. Selon ces « fragments »de texte, ce n’est pas Dieu qui a créé le monde, c’est un ange du nom de Saklas, créé par Nebro, le rebelle, lui-même issu d’une longue série d’émanations divines.

Paul avait annoncé d’avance : « (2Timothée 4.3-4).

Dans une telle confusion, il est normal de se demander comment un récit exact de la vie de Jésus et de ses apôtres a-t-il pu être préservé pour les futures générations de disciples ? Luc, l’auteur de l’évangile qui porte son nom, écrit au tout début de son livre :

« (Luc 1.1-5 )

Plusieurs ont écrit des lettres, nous dit Luc; lui-même écrit à un homme du nom de Théophile (ami de Dieu) sous forme de lettres. Au début, personne n’écrivait dans le but d’ajouter quelques choses au Canon bien établi de l’Ancien Testament. Pour un juif, l’idée surprenante d’ajouter de nouveaux livres au canon des Écritures déjà existant qui recevait de tous une reconnaissance sacrée, est tout à fait impensable.

Comprenons bien qu’à cette époque,  que ce soit pour un juif ou un juif converti au christianisme, sa culture tout entière (vie sociale, religieuse et individuelle) reposait sur la révélation écrite, les oracles de Dieu qui ont été donnés par Moïse et les prophètes une fois pour toutes, regroupés dans leurs 22 livres. Impossible d’imaginer un ajout quelconque à cette révélation, même pour les premiers chrétiens. Quelle utilité de toute façon d’ajouter de nouveaux livres à ce Canon bien suffisant, en étant convaincu, comme la majorité le croyait, que le retour de leur Sauveur était imminent ? Certains signes semblaient confirmer leur attente : la destruction par le feu de la grande ville : Rome (60 A.D.), la destruction de Jérusalem (65-70 A.D.), certains signes annonciateurs . . .  et même certaines paroles de Jésus semblaient soutenir le fait que tout cela arriverait dans leur génération.

Mais, à la lumière des Écritures, les apôtres réalisèrent que le retour promis de leur Sauveur n’était pas pour leur génération. Ils ont compris qu’il devait s’écouler un laps de temps qu’ils ne connaissaient pas. D’autant plus soucieux des dangers entraînés par la prolifération de documents apocryphes, ils entreprirent donc ce travail de « canonisation »dans le but de préserver certains écrits pour les générations futures jusqu’à l’avènement de leur Seigneur. Il devenait impérieux de déterminer quels textes devaient être retenus et reconnus comme inspirés. Pour réaliser ce travail, il n’y avait pas de meilleurs ouvriers qualifiés que ceux-là mêmes qui avaient été choisis par Jésus : les apôtres.

Pierre aborde cette question de la canonisation des Écritures dans sa deuxième lettre (Seconde lettre de Pierre). Écrite peu avant son exécution par les Romains, et peu après la mort de Paul, nous y lisons que Pierre a eu soin de prendre certaines dispositions. Faisant allusion à sa mort prochaine, il déclare : « (2Pierre 2.1)

« (2Pierre 1.12-21 et 2 Pierre 2.1-3).

Pierre rappelle  ici un évènement particulier : la transfiguration de Jésus sur une montagne. Trois hommes seulement ont été témoins de cette manifestation glorieuse : Pierre, et les deux fils de Zébédée : Jean et Jacques. Jacques a été le premier apôtre à mourir. Il a été tué par l’épée par le roi Hérode quelques années après la mort et la résurrection de Jésus nous avons vu sa majesté de nos propres yeux… nous avons entendu cette voix venant du ciel . . . nous étions avec lui sur la sainte montagne . . . » ce NOUS ne peut être que Pierre et Jean.

Lorsque que Pierre dit : nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, « tenons »correspond au mot grec ékomen qui signifie : considérer ou croire, tenir un fait pour assuré ou encore, ce qui s’accorde davantage avec le contexte de cette lettre, dans le sens de détenir, porter, transmettre . . . , être les détenteurs, avoir autorité pour . . . , posséder le mandat d’assembler, retenir ce que le Saint-Esprit leur demande de retenir, de conserver. Pierre et Jean étaient ceux qui ont reçu l’autorité de sceller la révélation écrite du Nouveau Testament. (Non pas un seul homme mais deux, suivant le principe biblique d’un minimum de deux témoins).

Il est clair que le seul moyen par lequel Pierre pouvait être certain de conserver en permanence le récit authentique des choses qu’il avait enseignées était de constituer un regroupement des textes que lui et Jean considéraient inspirés de Dieu. Personne ne contestait les 22 livres de l’Ancien Testament. Mais à ces 22 livres allait s’ajouter les 27 du NT.

Plus loin dans sa lettre autres Écritures ». Pierre attribue aux lettres de Paul le même niveau d’autorité spirituelle que l’Ancien Testament (« comme les autres Écritures »).

Pierre, avant sa mort, constitua donc un canon de 22 livres, correspondant exactement au calcul du nombre des livres de l’Ancien Testament, à la manière des Juifs, en s’inspirant encore une fois de leur alphabet de 22 lettres. Quand Jean y ajouta ses 5 livres (un Évangile, trois Épîtres et l’Apocalypse), rédigés approximativement trente ans après la mort de Pierre, ils devinrent 27 en tout. Jean a peut-être fait une association, lui aussi avec l’alphabet hébreu, en sachant bien que des 22 lettres de l’alphabet, il y en a exactement 5 qui ont une forme différente quand il se positionne à la fin d’un mot, pour un total final de 27 formes de lettres, manifestant ainsi la fin des Écritures. cf. tableau

Les 22 livres de l’Ancien Testament, ajoutés aux 27 livres du Nouveau Testament, forment un total de 49, 7 fois 7, le nombre divin de l’achèvement et de la perfection ! Et par ce chiffre Jean, le dernier apôtre vivant, scelle la révélation écrite de Dieu une fois pour toutes.

Pourquoi le chiffre 7 ? Depuis le tout début de la Bible,  le chiffre 7 symbolise la plénitude et la perfection, ce qui est complet, achevé : sept jours de la semaine, sept fêtes juives ordonnées dans la Loi, 77 générations d’Adam jusqu’à Jésus, les 7 paroles de Jésus sur la croix, les 7 miracles de Jésus dans l’évangile de Jean, etc. Jean est vraiment celui qui utilisera abondamment le symbolisme du chiffre 7.

Particulièrement dans son livre de l’Apocalypse (révélation), le chiffre 7 revient 49 fois. ( . . . Nous tenons à préciser clairement qu’il ne s’agit pas ici de numérologie, de codes secrets ou de prédictions cabalistiques, mais de chiffres symboliques représentant des réalités spirituelles . . . )

L’état final de la Bible a été établi par les apôtres choisis par Jésus lui-même. Par la suite, dans les siècles qui suivirent, ce canon initial n’a été que confirmé comme un état de fait par les différents conciles d’églises dont le concile de Carthage en 397 après Jésus-Christ.

Voici un tableau de la structure de la Bible divisée en sept parties avec ses différents livres :

3 parties pour l’Ancien Testament (la Loi, les Prophètes et les Écrits) et

4 parties pour le Nouveau Testament :

Évangiles et Actes (5) 5 étant symbole de la loi de Dieu . . . maintenant le point central de toute l’Écriture est la Loi de Christ appelée aussi la loi royale,

lettres des apôtres (7) : Jacques, Pierre, Jean, Jude,

lettres de Paul (14) et finalement

l’Apocalypse de Jean, un livre vraiment remarquable et passionnant.

pour un total de 27 livres. Les Évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean) et les Actes des apôtres (écrit aussi par Luc, fait suite à l’évangile qui porte son nom sur la vie de Jésus) forment la partie centrale de toute la Bible. Cette structure fascinante des Écritures établit ainsi comme point central la personne de Jésus-Christ : le témoignage de sa vie sur la terre, son message, sa mort, sa résurrection, toute sa personne merveilleuse. Jésus lui-même affirmait : « Les Écritures rendent témoignage de moi ».

Les documents et les manuscrits historiques confirment que cette disposition a été respectée scrupuleusement dans les plus vieux codex connus. Impossible d’y ajouter ou de retrancher de nouveaux livres sans que son harmonie ou sa structure en soit altérée. Les prophètes qui rédigèrent les 22 livres de l’Ancien Testament et les premiers apôtres qui rédigèrent les 27 livres du Nouveau Testament, ont établi une fondation solide et inébranlable : la révélation écrite de Dieu.

« (Éphésiens 2.20). De là l’importance de ne rien ajouter ni retrancher à ces 49 livres. Au niveau de l’instruction et de la compréhension des Écritures, il y a sûrement un intérêt à conserver l’arrangement et l’ordre choisis par les auteurs inspirés de Dieu qui les ont rassemblés ainsi. Le temps nous manque pour aller plus loin . . . ! Nous disions au tout début que la Bible est une lumière véritable, symbole de la vérité, une lampe qui brille dans un lieu obscur.

Alors pour bien graver dans notre esprit cette structure en sept parties de toute la Bible, considérons le fameux « ménorah »juif : le chandelier à sept branches qui résume bien tout ce que l’on a examiné jusqu’à maintenant.

L’Éternel avait demandé à Moïse de reproduire en détail au désert un sanctuaire, une tente de rencontre d’après le modèle que Dieu lui avait montré. Cette tente comportait différents accessoires riches en symboles et fascinants au niveau de leurs significations spirituelles. Il y avait  une seule porte, une simple toile facile pour tous à traverser, un autel des sacrifices, un bassin pour les ablutions, une table avec 12 pains, un autel des parfums, l’arche de l’alliance contenant les deux tables de la Loi.

Il y avait aussi dans ce sanctuaire le chandelier à sept branches surmontées de sept lampes qui brillaient. Ce chandelier à sept branches représentait un arbre scintillant de lumière comme un buisson ardent.

Voici une photo prise le 11 septembre 2009 par le département des antiquités israélien montrant une pierre sculptée d’un chandelier à sept branches, sur le site où ont été trouvés les vestiges d’une synagogue du temps de Jésus à Tibériade (nord d’Israël); confirmant bien la forme et le détail de ce chandelier.

Une autre photo ici prise en Italie, montrant l’arche de Titus près du fameux Colisée de Rome, où l’on voit clairement le chandelier du temple qui fût rapporté par Titus et son armée comme trophée, suite au siège et à la destruction de Jérusalem.

« Tu feras un chandelier d’or pur ; ce chandelier sera fait d’or battu ; son pied, sa tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs seront d’une même pièce. Six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier de l’un des côtés, et trois branches du chandelier de l’autre côté. Il y aura sur une branche trois calices en forme d’amande, avec pommes et fleurs, et sur une autre branche trois calices en forme d’amande, avec pommes et fleurs; il en sera de même pour les six branches sortant du chandelier.

À la tige du chandelier, il y aura quatre calices en forme d’amande, avec leurs pommes et leurs fleurs. Il y aura une pomme sous deux des branches sortant de la tige du chandelier, une pomme sous deux autres branches, et une pomme sous deux autres branches; il en sera de même pour les six branches sortant du chandelier.

(Exode 25.31-40).

Lorsque nous lisons attentivement la description détaillée donnée par Dieu à Moïse du chandelier à sept branches . . . on y compte 22 ensembles de calices, pommes et fleurs reliés aux branches du chandelier, nous rappelant l’importance de du rôle attribué à l’alphabet hébreu dans l’écriture de la révélation écrite et dans le nombre de livres retenus.

Sept branches sont issues d’un tronc, d’un cep commun ; une branche centrale principale d’où viennent se rattacher toutes les autres. Comme l’image d’un arbre, la sève qui vient du tronc principal se répand et circule dans toutes les branches. C’est ce qui donne la vie à l’arbre.

Jésus-Christ donne vie aux Écritures. Si on ne discerne pas la personne qu’elles révèlent, la Bible n’est qu’un ensemble de lettres et de mots sans vie. Dans une parabole, Jésus lui-même s’identifie à un cep, le tronc d’un arbre sur lequel nous pouvons être greffés, rattachés à lui. Sans Lui nous sommes comme un bois sec. Son désir est de nous communiquer sa sève qui donne la vie et produit du fruit.

L’enseignement des apôtres est sans valeur si l’on rejette l’autorité de l’Ancien Testament sur lequel ils s’appuient constamment. L’Ancien Testament est nécessaire à la compréhension du Nouveau qui le cite plus de 320 fois, soit un verset sur 22 !

Si on ajoute les allusions claires à l’AT (soit 613 allusions directes cf. C.H.TOY), 10% du texte du NT est emprunté de l’Ancien Testament. Tous les livres de l’AT sont cités sauf 6 : Ruth, Cantique, Ecclésiaste, Esther, Esdras-Néhémie et Chroniques. Par contre, des allusions se réfèrent à tous les livres de l’Ancien Testament sans exception.

Si l’Ancien Testament est nécessaire à la compréhension du Nouveau, la réciproque est vraie aussi. L’Ancien Testament doit être lu à la lumière du Nouveau. On peut comparer la relation entre l’AT et NT à l’ombre d’une chose et à sa réalité ou encore à la relation entre la Lune et le Soleil, deux astres qui apportent la vie et la lumière sur notre planète. Si la lune brille d’un éclat particulier, c’est que le Soleil projette sa lumière sur elle. Toute la Bible peut se résumer par une seule parole, une seule parole de Jésus : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force, de toute ton âme, de toutes tes pensées et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

« (2Timothée 3.14-17).

La parole de Dieu « (2 Pierre 1.19).

Ce qui est intéressant à souligner est le fait que, pour un Juif de cette époque, rien ne pouvait rivaliser avec l’Ancien Testament, et celui-ci ne commandait aucun supplément. Que le Nouveau Testament ait été écrit par des hommes de culture judaïque dénote un vrai miracle. Même leur Maître Jésus-Christ n’a écrit aucun livre.

De toute évidence, ajouter un jour une portion supplémentaire aux Écritures alors connues (l’Ancien Testament) est une idée qui n’avait jamais effleuré ses disciples. Une telle proposition les aurait fait, certainement, reculer d’horreur.

1. Les scribes sont aussi à l’origine de la Massora, fixant la forme externe du texte biblique que la Massora aura pour tâche de conserver selon ses moindres nuances. L’une de leurs mesures majeures est d’imposer le ktav ashouri (« écriture droite, »c’est-à-dire carrée) au détriment du ktav ivri, l’écriture paléo-hébraïque, adoptée (ou conservée) par les Hedyotot, c’est-à-dire les Samaritains. Il semble que les scribes souhaitaient, par le biais de cette opération, donner à la Torah un caractère sacré particulier, qui la différencierait d’autant mieux de la Torah samaritaine concurrente. En outre, ils déterminent l’ordre des Livres du canon biblique fixé par les hommes de la Grande Assemblée, et procèdent au découpage du texte en parashiyot (« exposés, »sections de lecture) et en pessouqim (« clauses, »versets). Ils déterminent aussi d’autres règles de base d’écriture d’un rouleau de la Torah, comme le nombre de lignes, de colonnes, de lettres dans chacune de celles-ci, les couronnes ornant ces lettres, l’obligation de commencer chaque nouvelle colonne par un vav (ו), etc. Ils introduisent par ailleurs des irrégularités d’écriture (lettres plus grandes ou plus petites que le corps du texte, suspendues, inversées, etc.). Ils apportent d’autre part dix-huit « corrections »au Texte, les tiqqoune soferim, remplaçant par exemple « YHWH était encore en présence d’Abraham »par « Abraham était encore en présence de YHWH, »et « À tes dieux, Israël »par « À tes tentes, Israël. »Ils proposent enfin des qeri-ketiv (lectures ou écritures alternatives), dont le plus célèbre est la substitution du Tétragramme (YHWH) par Adonaï, et ajoutent des points, attribués par la tradition à Ezra, au-dessus de certains mots dont la signification leur semble douteuse. À ces irrégularités, sacralisées au même titre que le texte biblique lui-même, se rattachent plusieurs midrashim, qui visent à les expliquer. Ces midrashim, ainsi que les qeri-ketiv et d’autres considérations des soferim sont longtemps demeurés oraux, au vu du caractère sacré du Texte, avant d’être consignés dans des recueils par les disciples des rabbins d’une part, et par les massorètes d’autre part.)

Des concepts erronés : Les concepts souvent répétés deviennent autant de clichés. Même si ceux-ci ne subsistent pas dans la réalité, ils déclenchent des réactions qui engendrent ensuite des réalités.C’est seulement au 7e siècle de notre ère qu’on voit apparaître le concept « Ancien Testament ». Jusqu’alors, celui-ci s’appelait « l’Écriture », que les juifs désignent encore aujourd’hui par le terme « Tanakh ». Le cas est similaire pour le mot « Brit », qui signifie « Alliance », traduit par « Testament » à partir de son équivalent grec. Le concept erroné « ANCIEN TESTAMENT » dévalue involontairement la PAROLE DE DIEU, valable pour l’ÉTERNITÉ et dont Jésus lui-même affirme qu’on ne peut pas en retrancher un seul iota. Dans l’histoire de l’Église, l’emploi du terme Ancien Testament a contribué de manière décisive au renforcement des tendances anti-judaïques et contraires à la Loi.

© 2010 Œuvre Collective – Éditions du Matin

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