« Heureux l’homme qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu’il fait lui réussit. »

(Psaume 1.1-3)

LA NÉCESSITÉ DE LA MÉDITATION
THOMAS WATSON (1620-1686)

L’INFLUENCE DU MONDE GÂTE LA MÉDITATION

Méditer, c’est l’âme se retirant et pensant à Dieu : le cœur s’élève et jouit des affections célestes . . . Le monde gâte la méditation, Christ « allait à l’écart pour prier » (Matthieu 14.23). Ainsi donc, retire-toi lorsque tu te proposes de méditer. Isaac était « sortit dans les champs pour méditer » (Genèse 24.63) ; il se retira afin de marcher avec Dieu en méditant.

LA MÉDITATION ET L’ÉTUDE

Il faut distinguer entre la méditation et l’étude. L’étude c’est l’occupation de l’intelligence ; la méditation, celle du cœur. L’étude anime la réflexion ; la méditation anime les affections. L’étude a peu d’influence ; la méditation nous sanctifie. elle rend sensible le cœur endurci.

LE MOMENT PROPICE

Le moment le plus propice pour s’entretenir avec Dieu se présente avant que les occupations terrestres frappent à la porte ; le matin est pour ainsi dire la crème de la journée. Écrème ta journée en donnant à Dieu de ton meilleur. David était en la présence de Dieu avant l’aube du jour : « J’ai devancé le crépuscule » (Psaume 119.148) .  . . Élève ton cœur vers le ciel au commencement du jour, et il battra plus vivement tout au long de la journée. Celui qui laisse aller son cœur vers le monde le matin le retrouvera à peine durant sa journée. Cher chrétien, consacre tes méditations matinales à Dieu . . . Veux-tu servir le monde avant lui ? Peut-il agréer cela ? Imaginons un roi et une fermier s’apprêtant à prendre un repas dans une même salle, assis à deux tables différentes et le fermier servi en premier. Le roi en serait sûrement indigné et considérerait ce geste comme un mépris de sa personne. Lorsque le monde est servi premièrement et que toutes nos pensées matinales lui sont accordées, la gloire de notre Dieu n’est-elle pas méprisée ?

LA LECTURE EST NÉCESSAIRE

Lis avant de méditer : « attache-toi à la lecture . . . occupe-toi de ces choses » (1Timothée 4.13). La lecture te fournit la matière ; c’est l’huile qui alimente la lampe de la méditation. Assure-toi que ta méditation est fondée sur l’Écriture . . . afin que tu puisses dire : « Il est écrit ». La lecture sans la méditation ne peut porter fruit ; la méditation sans la lecture est dangereuse.

NOUS ÉTIONS DANS LA PENSÉE DE DIEU

Dieu nous a accordé une place dans ses pensées avant même notre existence. Il pensait à nous « avant la fondation du monde » (Éphésiens 1.4). Avant notre chute il s’est préparé à nous relever. Dans le matin éternel, avant que le temps fût, Dieu pensait à nous . . . Si Dieu nous a accordé une place dans ses pensées avant la fondation du monde, il est fort digne de nos premières pensées journalières. Au matin, il y eut une couche de rosée (Exode 16.13). La rosée de bénédiction descend de bonne heure, c’est le moment le plus propice pour jouir de la présence de Dieu. Si tu veux rencontrer un ami, ne te lèveras-tu pas de bonne heure avant qu’il sorte ?

LA MÉDITATION DU SOIR

Mais je ne veux pas exclure la méditation du soir. Isaac sortit à l’approche du soir pour méditer (Genèse 24.63). Quand les affaires sont terminées et que tout est calme, il est bon de se promener avec Dieu. Dieu a son sacrifice du soir aussi bien que son sacrifice du matin (Exode 29.39). La crème du matin est agréable. Mais le soir, il y a aussi ce qui doux. Méditer c’est le moyen par excellence de profiter de la parole. La lecture peut apporter une vérité à la tête, mais la méditation la fait se loger aux profondeurs du cœur. Il vaut mieux méditer sur une  parole des Écritures que l’on a entendue, que d’en entendre cinq sans les méditer . . .

L’INTELLECTUALISME EST UN DANGER

Il existe une maladie chez les enfants connu comme le rachitisme. Les enfants qui en sont atteints ont des têtes de grande proportion mais leurs membres inférieurs ne croissent pas. Je crains qu’il existe beaucoup de professants qui souffrent de rachitisme spirituel ; ils ont des têtes énormes, une grande connaissance, mais ils ne croissent pas quant à la piété. Leurs cœurs défaillent, leurs pieds sont faibles, et ils ne marchent pas vigoureusement dans les voies de méditation. L’illumination sans méditation ne peut pas nous rendre meilleurs que des démons. Satan lui-même est un ange de lumière – néanmoins il est ténébreux.

LA MÉDITATION RANIME LE CŒUR

La méditation est le soufflet des affections. On allume les affections au feu de la méditation.  « Mon cœur s’est échauffé au-dedans de moi ; dans ma méditation le feu s’est allumé » (Psaume 39.3). L’illumination fait de nous des lampes brillantes ; la méditation fait de nous des lampes ardentes . . . Quand David avait médité sur la loi de Dieu, il ne pouvait faire autrement que l’aimer : « Combien j’aime ta loi ! Tout le jour je la médite » (Psaume 119.97).

LA MÉDITATION ENCOURAGE LA PRIÈRE

La méditation nous stimule à la prière. « Je médite les œuvres de tes mains, j’étends mes mains vers toi » (Psaume 143.5-6). La méditation nous pousse à étendre nos mains vers Dieu en prière . . . La prière est engendrée par la méditation. La méditation mène en avant ; la prière suit.

UN THÈME À LA FOIS

Ne médite pas sur trop de choses à la fois. Une vérité qui trouve sa demeure dans le cœur par la prière peut se loger profondément en nous. Enfonce une seule vérité à la fois, mais sois sûr qu’elle atteigne ton cœur. Celui qui vise une volée d’oiseaux rate trop souvent le tout.

METS LES VÉRITÉS EN PRATIQUE

Que la méditation affecte ta vie pratique ; et  « médite (ce livre) jour et nuit, afin que tu prennes garde à faire selon tout ce qui y est écrit » (Josué 1.8). Ceux qui méditent la loi de Dieu et ne l’observent pas, ne valent pas mieux que le diable ; il a une grande connaissance, mais il reste néanmoins le diable.

LE DIABLE DÉTESTE LA MÉDITATION

Le diable s’oppose à la méditation. Il ne s’en fait pas si on ne médite pas, même si nous lisons et écoutons beaucoup. Il sait que la méditation affecte le cœur en grâce. Le diable vous supportera comme un chrétien qui écoute, en autant que la méditation est exclue.

« Je devance l’aurore et je crie ; j’espère en tes promesses. Je devance les veilles et j’ouvre les yeux, pour méditer ta parole ». (Psaume 119.147-148)

Il est dit aussi dans les Saintes Écritures . . .

« Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, la difficulté fut grande à mes yeux, jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu . . . » (Psaume 73.16-17).

« Je me souviens des jours d’autrefois, je médite sur toutes tes œuvres, je réfléchis sur l’ouvrage de tes mains. J’étends mes mains vers toi ; mon âme soupire après toi, comme une terre desséchée » (Psaume 143.5-6).

« Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, et celui qui se confie en l’Éternel est heureux » (Proverbe 16.20).

« Lorsque je pense à toi sur ma couche, Je médite sur toi pendant les veilles de la nuit. Car tu es mon secours, et je suis dans l’allégresse à l’ombre de tes ailes » (Psaume 63.6-7).

« Garde la sagesse et la réflexion : elles seront la vie de ton âme, et l’ornement de ton cou. Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, et ton pied ne heurtera pas » (Proverbe 3.21-23).

« La réflexion veillera sur toi, l’intelligence te gardera, pour te délivrer de la voie du mal, de l’homme qui tient des discours pervers, de ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture afin de marcher dans des chemins ténébreux » (Proverbe 2.11-13).

« Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait » (Marc 14.72).