DONNEZ GLOIRE À VOTRE DIEU
Message de réveil pour le temps actuel
Gaston RACINE
1961
INTRODUCTION

 « Donnez gloire à l’Éternel votre Dieu, avant qu’il fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds heurtent contre les montagnes de la nuit ; vous attendrez la lumière, et il la changera en ombre de la mort, Il la réduira en obscurité profonde. Si vous n’écoutez pas, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil ; mes yeux fondront en larmes parce que le troupeau de l’Éternel sera emmené captif ».

(Jérémie 13.16-17)

Dans un monde désemparé, privé d’un guide sûr et qui s’épuise à trouver ou ignore volontairement le chemin de la paix, Dieu parle encore à son peuple : « Donnez gloire à l’Éternel votre Dieu avant qu’il fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds heurtent contre les montagnes de la nuit ; vous attendrez la lumière, et il la changera en ombre de la mort, il la réduira en obscurité profonde. Si vous n’écoutez pas, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil ; mes yeux fondront en larmes parce que le troupeau de l’Éternel sera emmené captif » (Jérémie 13.16-17).

Aujourd’hui, Dieu interpelle des hommes. Inlassablement, Il s’adresse au peuple qui porte encore le Nom de son Fils, qui se réclame de Jésus Christ.

Il faut que tous sachent ceci : Dieu attend que ceux qui le connaissent lui donnent gloire !

Le temps de leur témoignage est court car, inéluctablement, la nuit vient en laquelle personne ne peut travailler. S’ils n’écoutent pas la voix du Seigneur, le jugement les atteindra.

Que ces vérités développées dans les pages suivantes pénètrent nos consciences et nos cœurs en vue de renouveler complètement notre témoignage ici-bas.

Gaston RACINE

Nice, Mars 1961

CHAPITRE 1
DONNEZ GLOIRE À L'ÉTERNEL VOTRE DIEU !

 « Donnez gloire à l’Éternel votre Dieu, avant qu’il fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds heurtent contre les montagnes de la nuit ; vous attendrez la lumière, et il la changera en ombre de la mort, Il la réduira en obscurité profonde. Si vous n’écoutez pas, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil ; mes yeux fondront en larmes parce que le troupeau de l’Éternel sera emmené captif ».

(Jérémie 13.16-17)

C‘est l’ordre donné à tous ceux qui, sur la terre, ont confessé avec l’apôtre Pierre que Jésus de Nazareth était le Christ, le Fils du Dieu vivant, à tous ceux qui, avec Thomas, se sont écriés en tombant aux pieds du Crucifié Ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20.28).

Pour donner gloire au Seigneur, il est évident qu’il faut tout d’abord le connaître personnellement, savoir de Lui plus que ce qu’on en apprend à l’École du Dimanche ou au catéchisme. Il ne s’agit pas d’une connaissance se bornant à une simple information même très orthodoxe et très poussée sur le Christ historique. Il est question d’être en relation avec un Christ vivant, de lui être intimement uni et même identifié. Et c’est cette connaissance de Dieu qui est LA VIE ÉTERNELLE, vie qui se manifeste déjà dans notre chair mortelle (2Corinthiens 4.11).

Comme chaque fleur a sa couleur et exhale son parfum, de même toute vie porte en elle un message. Ainsi, nos vies, si elles sont en Jésus Christ, doivent raconter quelque chose de Lui en notre génération, quelque chose qui glorifie Dieu en exaltant son amour et sa vérité, sa justice et sa fidélité.

Pour donner gloire à Dieu, il faut avoir renoncé à soi-même et à la gloire qui vient des hommes et qui n’engendre que l’incrédulité ou la lâcheté. Il faut que le disciple du Christ porte sa croix dans le chemin des choses folles, faibles et viles du monde, dans le sentier des choses qui ne sont point (1Corinthiens 1.27-31). Et c’est dans cette voie que Dieu révèle encore aujourd’hui sa sagesse, sa puissance et sa gloire – une gloire pleine de grâce et de vérité.

Pour donner gloire à Dieu, il faut que la lumière du Christ se soit levée sur nous, car seule la vie de Jésus a pleinement glorifié notre Père des cieux. C’est sur la face du Christ qu’a resplendi la connaissance de la gloire de Dieu (2Corinthiens 4.6), et c’est en contemplant comme dans un miroir cette gloire du Seigneur, que nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur l’Esprit.

Mais pour que la lumière du Christ luise en nos cœurs, il faut avoir entendu la Parole de Dieu, cette Parole qui communique la vie aux morts et réveille ceux qui se sont endormis parmi les morts (Jean 5.24-25). Ainsi est-il écrit : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’éclairera » (Éphésiens 5.14).

Car nous étions tous morts dans nos fautes et dans nos péchés, mais Dieu qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont Il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ. Nous avons entendu la voix du Fils de Dieu et nous y avons cru pour la vie éternelle.

Dès lors, nous avions à rendre fidèlement témoignage, mais hélas nous nous sommes assoupis parmi les morts. Nous nous sommes endormis parmi les incrédules, et on ne voit plus guère de différence entre les fidèles et les infidèles, car, couchés parmi les morts, ceux qui dorment paraissent, de loin, privés de vie !

Pour donner gloire au Seigneur, il faut donc être réveillés. Alors le Christ nous éclairera et le monde verra la lumière divine resplendir au sein des ténèbres. Mais si la lumière de Christ ne peut se lever que sur ceux que la Parole de Dieu arrache au sommeil, il faut encore que ce réveil soit suivi d’une marche dans la paix et la sainteté car, sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur. Pour voir Dieu, il faut un cœur pur, et ce cœur pur n’habite que ceux qui purifient leurs âmes par l’obéissance à la vérité (1Pierre 1.22). « Ta parole est la vérité, sanctifie-les par ta vérité », disait Jésus à Son Père.

Gardons-nous donc de fouler aux pieds le Fils de Dieu et d’estimer profane le sang de l’alliance par lequel nous avons été sanctifiés, outrageant ainsi l’Esprit de grâce (Hébreux 10.29). Laissons, au contraire, chaque matin la Parole du Seigneur réveiller notre oreille pour que nous écoutions, comme écoutent des disciples (Ésaïe 50.4), découvrant chaque jour, en marchant dans la lumière comme Lui est dans la lumière, la puissance du sang de Christ qui nous purifie de tout péché. Alors, remplis de l’Esprit, nous serons conduits pas à pas dans toute la vérité, sachant distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ce qui est pur de ce qui est impur.

Mais cette conscience réveillée par la Parole de Dieu, ce cœur sanctifié par le sang de Christ qui nous sépare des souillures et des injustices du monde, doivent être animés d’une volonté totalement livrée au Seigneur. Il faut une vie entièrement consacrée à Dieu. Il faut un cœur étreint par l’amour du Christ et qui a jugé définitivement « que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2Corinthiens 5.14-15).

Ainsi, en réponse aux compassions de Dieu, pour Lui donner gloire il faut livrer nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. C’est le vrai culte chrétien, le seul service intelligent que nous puissions accomplir, ne nous conformant pas au siècle présent, mais étant transformés par le renouvellement de notre entendement pour discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

Ce service n’est pas réservé à quelques-uns chargés d’un sacerdoce particulier. C’est le privilège et la responsabilité de tous ceux qui sont sauvés. Il ne s’agit pas non plus d’un exercice spirituel de quelques heures le dimanche, ou en semaine, mais d’une offrande continuelle de notre vie au Seigneur, dans toutes les tâches que nous accomplissons, selon qu’il est écrit : « Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père » (Colossiens 3.17).

Que nous soyons au travail ou au repos, à table ou dans le jeûne, à la maison ou en voyage, seul ou en société, en santé ou dans la maladie, dans la joie ou dans le deuil, dans l’abondance ou la pauvreté, dans la détresse ou en sécurité, nous avons à glorifier Dieu, selon l’exhortation si précise de l’apôtre : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. Ne soyez en scandale ni aux Grecs, ni aux Juifs, ni à l’Église de Dieu» (1Corinthiens 10.31-32)

C’est ainsi que Dieu sera glorifié par les siens !

Mais si le réveil, la sanctification et la consécration de ceux qui connaissent le Seigneur sont nécessaires pour qu’ils puissent donner gloire à Dieu, la Parole souligne une quatrième condition indispensable à la manifestation de la gloire de Dieu dans le monde, l’Unité de ses enfants.

Sans cette unité,

  • le réveil est incomplet et sans puissance,

  • la sanctification sans joie et sans rayonnement,

  • la consécration sans chaleur et sans fruit visible,

  • et l’affreux scandale des divisions entre frères demeurera, stérilisant notre témoignage aux yeux du monde.

Qui que vous soyez, amis lecteurs, sachez-le, la gloire du Seigneur ne se lèvera pas sur vous tant que vous ne désirerez pas ardemment l’unité des enfants de Dieu.

Écoutez la prière de Jésus : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient Un comme nous, nous sommes un – moi en eux et toi en moi – afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé ».

Mais qui est suffisant pour ces choses ?

Qui les réalisera ? Un mouvement ? Une équipe ? Un homme ?

Quand donc comprendrons-nous que le réveil, la sanctification, la consécration et l’unité, comme le Royaume de Dieu lui-même, ne viennent pas de manière à frapper les regards ?

Nous n’avons pas à dire : Ces choses sont ici, ou sont là. Car voici, toutes ces choses sont à nous et au milieu de nous si Christ est au Centre de nos vies et de nos assemblées.

  • C’est Lui-même qu’il nous faut redécouvrir tel que l’Évangile nous le révèle.

  • Ce sont ses enseignements divins que nous devons réapprendre (Matthieu 11.29).

  • Ce sont ses traces que nous devons suivre (1Pierre 2.21).

  • C’est sa Personne ineffable que nous devons aimer (1Jean 4.19).

  • C’est son retour que nous devons attendre (1Thessaloniciens 1.10).

Oh ! croyez-le, mes amis, n’espérons pas la lumière pour demain, car Dieu en fera une ombre de la mort ! C’est maintenant l’heure de nous réveiller du sommeil !

N’attendons pas un instant pour nous ressaisir et pour donner gloire à notre Dieu. Rejetons les œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement comme en plein jour (lire Romains 13.11-14).

Ainsi nous ne changerons pas la grâce de Dieu en dissolution et ne renierons pas notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ (Jude 4).

  • Que sa voix nous réveille.

  • Que Son sang nous sanctifie.

  • Que Son amour nous étreigne.

  • Que Sa gloire nous unisse en vue de Son retour.

Car le retour de Jésus Christ est sans contredit la vérité la plus capable de réveiller aujourd’hui nos consciences, de sanctifier chaque heure de notre vie, de consacrer sans cesse nos membres à Dieu comme instruments de justice, et d’unir sans délai nos cœurs dans l’amour de Jésus qui seul demeure.

« Le matin vient, et la nuit aussi » (Ésaïe 21.12).

CHAPITRE 2
LE TEMPS DE NOTRE TÉMOIGNAGE EST COURT

Dans tous les pays, d’un pôle à l’autre pôle, des hommes de toute race et de toute religion attendent, sans la définir vraiment, une chose extraordinaire qui doit bouleverser le cours de l’histoire.

Cet événement, les chrétiens le connaissent. C’est la grande espérance de l’Épouse du Christ, qui dit avec l’Esprit : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22.17,20).

Sentinelles vigilantes dans la dernière veille de la nuit, gardiens du bon dépôt par le Saint-Esprit qui habite en nous, nous avons à rendre gloire à Dieu en attendant le lever de l’Étoile du matin, la venue soudaine de Jésus qui va ravir les siens auprès de Lui avant même que le jour se lève – avant qu’à Son retour en gloire paraisse aussi le matin sans nuage, le Soleil de justice qui apportera à Israël, puis au monde entier, la guérison sous Ses ailes (Malachie 4.2).

Prélude à la grande aurore, le départ des enfants de Dieu dont le royaume n’est pas de ce monde, approche! Si nous ne savons ni le jour, ni l’heure, il doit pourtant coïncider avec une aggravation du mal sur la terre avec des obstacles toujours plus grands pour les fidèles. Le témoignage des chrétiens authentiques doit se heurter de plus en plus au scepticisme et à l’indifférence des masses en attendant l’apogée de la grande apostasie, le rejet ouvert des vérités du christianisme, l’instauration d’une religion nouvelle, du culte de l’homme, qui aura pour adeptes tous ceux qui n’auront pas eu l’amour de la vérité pour être sauvés. Ils croiront alors au mensonge, une énergie d’erreur survenant sur eux . . .

Ce sera la Pentecôte de l’Antichrist, de l’homme de péché. L’apparition de cet impie se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent. Dieu envoie ce baptême infernal, cette puissance d’égarement à tous ceux qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, afin qu’ils soient condamnés (2Thessaloniciens 2.3-11).

Déjà nous avons atteint « le temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine; mais ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » (2Timothée 4.3-4).

L’Écriture Sainte nous avertit donc clairement que nous ne marchons pas vers la christianisation des peuples, mais vers l’apostasie de la chrétienté. La bonne nouvelle du Royaume qui doit être prêchée dans le monde entier avant que vienne la fin, ne convertit pas les peuples, mais doit servir de témoignage à toutes les nations (Matthieu 24.14).

Depuis le rejet du Christ, le monde déjà jugé ne va pas au-devant de la lumière ; il va vers l’ombre de la mort, vers les grands jugements apocalyptiques qui seront à la mesure de ses iniquités.

Avant que le Christ apparaisse avec ses saints glorifiés, la nuit doit se faire plus obscure – la Bible nous l’enseigne avec certitude – et les pieds de ceux qui annoncent la bonne nouvelle se heurteront de plus en plus contre les montagnes de la nuit.

Le crépuscule descend en effet sur le monde et, dans les ténèbres qui l’envahissent de toutes parts, on voit se profiler sur le ciel immobile les montagnes du doute, de l’erreur, du mensonge, de l’incrédulité, de la haine, du désespoir, de la mort. Ce sont les montagnes de la nuit – de la nuit en laquelle personne ne peut travailler.

Alors qu’en des temps moins éclairés où le progrès, le confort et la technique n’étaient pas ce qu’ils sont de nos jours, une foi toute simple, grosse comme un grain de moutarde, suffisait pour jeter ces montagnes dans la mer.

Au jour où la connaissance est augmentée, et où la foi véritable disparaît de la terre, les montagnes de la nuit surgissent de l’agitation des peuples comme des flots de la mer (Ésaïe 57.20).

Les Écritures ne nous laissent pas ignorer en quel temps nous sommes. Bien avant le déluge, Énoch, le septième depuis Adam, a décrit l’époque de la venue du Christ en ces termes :

« Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies. »

« Ce sont des gens qui murmurent, qui se plaignent de leur sort, qui marchent selon leurs convoitises, qui ont à la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d’intérêt » (Jude 14-16)

À la lumière des déclarations apostoliques, nous pouvons comprendre sans difficulté que nous sommes arrivés à cette époque appelée les derniers jours.

Ecoutons ce que déclare Paul à Timothée :

« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force » (2Timothée 3.5)

Pierre veut éveiller par des avertissements la saine intelligence de ses lecteurs, afin qu’ils se souviennent « des choses annoncées d’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, enseigné par les apôtres, sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant: Où est la promesse de son avènement? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création » (2Pierre 3.1-4.)

De même, Jude écrira : « Vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d’avance par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient qu’au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n’ayant pas l’esprit » (Jude 17-19.)

Il ressort donc clairement qu’aux derniers jours les trois vertus chrétiennes tendront à disparaître de la terre.

Certes, il y aura encore beaucoup d’œuvres, mais peu de foi sincère . . .

« Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ? » (Luc 18.8)

On verra beaucoup de travail, mais peu d’amour véritable : « Parce que l’impiété se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira » (Matthieu 24.12).

Il y aura beaucoup d’espoirs, mais peu d’espérance vivante : « Où est la promesse de sa venue ? » (2Pierre 3.4).

Et Jésus déclarait lui-même qu’au jour où le Fils de l’homme paraîtra, il en sera de même qu’au temps de Noé, et qu’aux jours de Lot.

Le temps de Noé était celui des alliances monstrueuses, où des géants, des hommes de renom se promenaient sur la terre. C’était un temps de prospérité où les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants. Mais la violence et la corruption étaient sur la terre et Dieu voyait que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.

De même aux jours de Lot, les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, plantaient, bâtissaient . . . Mais le péché de Sodome et de Gomorrhe s’était accru et criait vers le ciel.

Et quel était le péché de Sodome ? L’Éternel lui-même nous renseigne par la bouche d’Ézéchiel :

« Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante: sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l’indigent. Elles sont devenues hautaines et elles ont commis des abominations devant moi. Je les ai fait disparaître, quand j’ai vu cela » (Ézéchiel 16.49-50)

« Nous tenons pour certaine la parole prophétique, à laquelle nous ferons bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur . . .  » (2Pierre 1.19)

Car nous sommes dans la nuit, la dernière nuit de l’histoire du monde dominé par Satan. Une nuit toute semblable à celle que vécut Daniel aux jours du fils de Nebucadnetsar. Avec ses grands, ses femmes et ses concubines, le roi buvait le vin dans des vases d’or et d’argent tirés du temple de la Maison de Dieu à Jérusalem, louant les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois, et de pierre.

Il n’est en effet pas de jour où Satan, le prince de ce monde, n’offre un véritable festin de Belshatsar à une multitude de convives . . .

Témoins du Dieu saint dans une terre étrangère, comme Daniel nous vivons aujourd’hui la nuit de toutes les profanations, la nuit où les nations dites chrétiennes louent les faux dieux du présent siècle, tout en buvant à la coupe du Seigneur.

C’est la nuit du grand mélange, de toutes les associations, de toutes les compromissions. La nuit de tous les abandons et de toutes les folies. La nuit qui se termine dans une ruine soudaine, dans l’ombre de la mort, alors que l’on criait : « Paix et sûreté ! » (1Thessaloniciens 5.1-11). C’est la nuit où les sages et les grands de ce monde errent, ne connaissant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. La nuit où les conducteurs spirituels devenus aveugles et conducteurs d’aveugles ne savent pas déchiffrer les mots terribles qu’une main invisible écrit sur les murs de nos cités.

Seul l’homme fidèle qui vit avec Dieu, près de Dieu, et en Dieu, peut lire aujourd’hui l’Ecriture divinement inspirée, et proclamer qu’elle parle de la fin d’un âge, de la menace qui pèse sur ceux dont le temps a été compté, et qui pesés à la balance de Dieu ont été trouvés légers.

Dans cette nuit de Babylone, Daniel ne pouvait rien faire sinon être le témoin de son Dieu au sein de ce peuple impie.

Depuis le jour où il avait arrêté dans son cœur qu’il ne se souillerait pas avec les mets délicats du roi, son témoignage avait laissé en ceux qui l’avaient rencontré le souvenir d’un homme en qui vivait l’esprit des dieux, et qu’habitaient une lumière, une intelligence et une sagesse extraordinaires – d’un homme capable d’expliquer des énigmes et de résoudre des problèmes difficiles.

Refusant les honneurs, les dons et les présents du monde, Daniel annonça au roi ce que dit l’Ecriture à tous ceux qui n’ont pas glorifié le Dieu qui a dans sa main leur souffle et toutes leurs voies. Aujourd’hui, l’Esprit Saint nous conjure devant Dieu et devant Jésus Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, de prêcher la Parole, insistant en toute occasion, favorable ou non, reprenant, censurant, exhortant avec douceur et en instruisant (2Timothée 4.1-2).

Pour nous, le temps de notre témoignage est court !

« Celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10.37).

« Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore » (Osée 6.3).

« Mais ses jugements aussi sûrs que la nuit » (Ésaïe 21.12).

Noé eut 120 ans pour avertir, dans l’esprit de Christ, ses contemporains incrédules des choses qui devaient arriver, lorsque la patience de Dieu se prolongeait pendant la construction de l’arche (Genèse 6.3 ; 1 Pierre 3.18-20).

Le juste Lot, qui habitait à Sodome et qui était profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution, n’eut qu’une nuit pour avertir ses gendres du jugement qui allait atteindre la ville. Trop compromis dans les affaires de Sodome, il n’avait pu que tourmenter journellement son âme juste à cause de ce qu’il voyait et entendait de leurs œuvres criminelles (Genèse 19 ; 2Pierre 2.7-8).

Daniel à Babylone n’eut qu’une heure pour parler à Belshatsar et à ses invités . . . de la ruine de l’empire de Nebucadnetsar. Son royaume allait être divisé et donné aux Mèdes et aux Perses.

Pour nous qui savons que la dernière heure a commencé depuis le rejet de Jésus Christ, et qui savons que l’Antichrist vient (1Jean 2.18), il ne nous reste plus que quelques minutes pour rendre témoignage dans ce monde et donner gloire à notre Dieu ! Ne voulons-nous pas nous ressaisir, nous qui disons connaître le Seigneur ? Ne voulons-nous pas envisager sous l’angle de l’éternité le temps qui nous reste à passer ici-bas ? Si, préoccupés des choses de la terre, de notre situation dans le monde, nous voulons briller sous le ciel de Satan, notre éclat ne durera que le temps de ces astres errants auxquels l’obscurité des ténèbres est réservée pour l’éternité. Si par contre les choses qui sont en haut se sont emparées de nos pensées et de nos cœurs, nous oubliant nous-mêmes, nous vivrons pour le salut des autres, pour enseigner la justice à la multitude. Alors, dans la résurrection, nous brillerons comme la splendeur du ciel, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité (Daniel 12.3).

Écoutons enfin l’avertissement du Seigneur : « Prenez donc garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que le jour du Seigneur ne vienne sur vous à l’improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme » (Luc 21.34-36).

CHAPITRE 3
QU'ARRIVERA-T-IL SI NOUS N'ÉCOUTONS PAS ?

Les chrétiens de Rome savaient en quel temps ils vivaient ! (Romains 13.11). Et nous, aujourd’hui, savons-nous en quel temps nous sommes ? Dans ce qui a précédé, nous avons cherché à situer d’après les Écritures l’époque dans laquelle nous vivons. Grâce à l’enseignement de Jésus, des apôtres et des prophètes ; nous avons pu faire le point et constater que nous sommes arrivés à la fin des siècles, aux temps fâcheux des derniers jours, aux ultimes minutes de la dernière heure.

Nous avons atteint l’âge proche de la venue du Fils de l’homme, la fin de l’ère de la grâce et de la patience de Dieu. Nous touchons au terme de l’économie bienheureuse de la foi, où l’homme était appelé à croire sans voir. Bientôt le monde devra croire en face de l’évidence, quand Dieu sortira de son silence pour ébranler, selon sa promesse, non seulement la terre, mais aussi le ciel (Hébreux 12.26).

Cependant, il n’est pas rare qu’on nous dise avec obstination : « Ne soyez pas si pessimistes. Les temps actuels ne sont pas plus mauvais qu’autrefois. Il y eut dans l’histoire de l’humanité bien des heures graves où l’état moral du monde était peut-être pire qu’aujourd’hui. Les hommes de notre génération ne sont ni meilleurs, ni plus mauvais que les contemporains de Noé ou de Lot, que les Cananéens qui offraient leurs enfants à Moloc, ou que les Israélites infidèles à certains moments de leur existence nationale. Nous passons par une crise, mais nous en sortirons bien car, Dieu soit béni, les hommes de bonne volonté ne manquent pas sur la terre, et la majorité des peuples désire la paix ! »

Certes, des gens orgueilleux égoïstes, cruels, n’aimant pas le bien, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu, il y en a toujours eu. Dès longtemps la corruption et la violence ont habité notre planète, et les abominations de notre génération ont déjà été commises au temps de Noé, aux jours de Lot, chez les Cananéens, et même au sein du peuple élu. À vrai dire, quant aux vices, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Celui qui lit les Écritures n’a donc pas de peine à reconnaître que les péchés auxquels les hommes se livrent aujourd’hui, sont les mêmes que ceux que pratiquaient les païens et les impies de tous les temps.

Mais si nous admettons qu’au vingtième siècle, malgré les lumières du christianisme et les progrès scientifiques, des abominations semblables à celles de l’époque antédiluvienne se pratiquent ; si nous pouvons voir aujourd’hui encore la prospérité matérielle aller de pair avec la corruption et la violence, l’orgueil, l’abondance de pain et l’insouciante sécurité coexister avec la pauvreté, la misère et la détresse les plus noires, tandis que du haut en bas de l’échelle sociale les hommes se livrent aux passions les plus viles ; une question capitale s’impose à notre esprit : qu’arrivera-t-il donc à des hommes qui vivent ainsi ? Le jugement de Dieu les atteindra. Tel est le témoignage formel de l’Écriture Sainte.

Nous lisons dans l’épître aux Romains que : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui possèdent la vérité, tout en vivant dans l’iniquité » (Romains 1.18). Si les hommes de notre génération ne se détournent pas de leurs voies, ils seront infailliblement livrés de plus en plus à leurs convoitises, à leurs passions infâmes, à leurs sens réprouvés, pour recevoir finalement le châtiment d’une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. C’est la punition que le Tout-Puissant réserve à ceux qui ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus Christ (2Thessalonicines 1.8-9).

Des exemples effroyables jalonnent l’histoire de l’humanité, et le souvenir des jugements terribles qui atteignirent les impies d’autrefois devrait nous faire réfléchir :

  • si Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais s’Il les a précipités dans des abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement,

  • s’Il n’a pas épargné l’ancien monde, aux jours de Noé,

  • s’Il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemples aux impies à venir (2Pierre 2. 4-6),

  • s’Il a fait périr par la guerre et le tranchant de l’épée les Cananéens devenus abominables à ses yeux (Exode 34.10-12),

  • s’Il a laissé emmener en captivité son peuple. Israël, pour le punir de ses révoltes, de son abandon, et de toutes ses abominations (2Chroniques 36.14-21) ;

comment épargnerait-il aujourd’hui notre génération impie et moqueuse, et les nations qui se réclament encore du Nom de Jésus Christ, tout en Le reniant par leurs œuvres ?

Dans tous les temps les mêmes causes produisent les mêmes effets. Même si le jugement s’exécute d’une manière différente, la condamnation est la même pour tous . . . car le salaire du péché, c’est la mort. La Parole de Dieu ne ment point. Ses avertissements sont clairs et ses témoignages sûrs.

  • Aux jours de Noé, le déluge vint sur un monde d’impies et les fit tous périr.

  • Au temps de Lot, le feu du ciel et le soufre firent disparaître les villes de la plaine.

  • Quand l’iniquité des Amoréens parvint à son comble, Dieu fit détruire ce peuple par le glaive d’Israël.

Le souvenir du jugement terrible qu’ils durent infliger aux nations corrompues du pays de Canaan aurait dû garder le peuple élu de tomber dans les mêmes excès. Hélas, les fils de ceux qui furent employés pour exécuter au pays de Canaan les châtiments d’un Dieu Saint, reprirent les mêmes coutumes. Ils tombèrent dans des abominations même plus grandes que celles des peuples que leurs pères n’avaient pas voulu entièrement détruire. Ils attirèrent ainsi sur Israël les grands fléaux de Dieu, l’épée, la famine, les bêtes sauvages et la peste (Ézéchiel 5.5-17). Puis ils connurent l’occupation complète de leur pays par les Chaldéens et finalement furent déportés à Babylone (Jérémie 25.8-11 ; Lamentations 1 ; Ps 137).

Quand l’Assyrien, verge de la colère de Dieu, s’éleva à son tour contre le Seigneur et profana les vases de la Maison de l’Éternel, sa fin vint promptement, et le royaume de Belshatsar passa aux Mèdes et aux Perses. Enfin, au début de notre ère, quand les descendants des Juifs remontés de la captivité mirent le comble à la mesure de leurs pères en livrant le Fils de Dieu pour qu’il soit crucifié, leur châtiment ne sommeilla point. En l’an 70, comme Jésus l’avait annoncé avec larmes, Jérusalem fut prise et détruite par les Romains. Pour quelles raisons, et en vertu de quelle loi les nations dites chrétiennes seraient-elles épargnées aujourd’hui ?

Certes, Dieu a préservé Noé des flots du déluge. Il a délivré Lot de la ruine de Sodome. Il a sauvé Rahab, la Cananéenne, du fil de l’épée. Il a conservé un résidu de son peuple parmi les nations. De même, le Dieu vivant et vrai saura délivrer de la colère à venir tous ceux qui L’aiment et Le servent en attendant des cieux le retour de son Fils. Nous sommes assurés que le Seigneur gardera de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, tous ceux qui auront gardé la Parole de sa patience. Car « le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux, et réserver les injustes pour le jour du jugement » (2Pierre 2.9).

Cependant, nous sommes avertis que le jugement doit commencer par la maison de Dieu. Et nous sommes dans ce moment-là. Sachant que la chair et le sang n’hériteront pas du Royaume de Dieu, nous ne devons pas trouver étrange que Dieu nous fasse passer par la fournaise afin de nous éprouver et de nous purifier (lire 1 Pierre 4.12 et 18).

Ceux qui doivent être enlevés au ciel, et qui seront jugés dignes d’échapper à toutes les choses qui arriveront sur la terre, doivent être amenés à refléter toujours plus les caractères célestes et à suivre les voies qui plaisent à Dieu. Il faut que les vrais chrétiens soient manifestés, car aujourd’hui beaucoup d’hommes qui se réclament du christianisme marchent en ennemis de la Croix du Christ. Leurs pensées, leurs paroles et leurs œuvres prouvent qu’ils n’ont aucune sympathie pour cette Croix qui détruit leurs prétentions, annule leur sagesse et leur intelligence, et anéantit la puissance de la chair (1Corinthiens 1.17-31).

Leur vie ne révèle pas au monde que leur cité est dans les cieux, où Christ est assis à la droite de Dieu. Préoccupés des choses terrestres, ils aspirent à ce qui est élevé dans le monde et ne se laissent plus attirer par ce qui est humble. Ayant perdu le caractère d’étrangers et de voyageurs sur la terre, ils se conforment de plus en plus au siècle présent et ne s’abstiennent plus des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme (1Pierre 2.11).

Mais Dieu connaît ceux qui lui appartiennent, et veut réveiller les siens, afin que tous ceux qui invoquent le Nom du Seigneur se retirent de l’iniquité. C’est pourquoi tant que l’Église, Corps de Christ, est sur la terre, tous les jugements qui fondent sur ce monde sont destinés avant tout à parler aux chrétiens. Trop souvent aujourd’hui nous entendons les chrétiens commenter tels ou tels événements en disant : Dieu parle au monde . . . Certes, Dieu parle au monde, mais avant tout Il parle aux gens de sa Maison, en vue de les réveiller, de les sanctifier, de les consacrer et de les unir pour les prendre auprès de Lui et les associer à son Règne.

Trop de choses ont attaché nos cœurs à la terre, et ont refroidi notre premier amour. Trop de facilités ont provoqué chez plusieurs une désaffection des choses qui sont en haut. En vérité, beaucoup croient encore aux doctrines bibliques, mais n’éprouvent guère de plaisir réel en dehors des satisfactions de la vie présente. Alors le Seigneur nous dépouille des biens qu’Il nous avait confiés. Il nous fait passer par le feu non pour nous consumer, mais pour nous purifier et nous libérer de nos liens. Il nous fait traverser des fleuves mais nous garde d’être submergés. Il nous place au sein des grandes eaux où personne ne peut nous secourir, et nous amène ainsi à éprouver que Lui seul est avec nous, et que nous dépendons uniquement de Lui (Ésaïe 43.1-5).

À l’heure actuelle, la situation des chrétiens dans ce monde ressemble fort à celle de Jonas dormant dans la cale d’un navire en détresse !

Alors que sur le pont, les hommes qui ne connaissaient pas le vrai Dieu cherchaient par tous les moyens à sauver le navire et leur propre vie, Jonas, qui avait payé le prix de sa place, continuait à dormir . . . N’est-ce pas ainsi que beaucoup de chrétiens, bien installés dans un monde qui va à la dérive, dorment sur l’oreiller de leur petit salut, sans se soucier beaucoup des foules qui périssent . . . Peut-être rêvent-ils dans leur sommeil aux meilleurs moyens d’atteindre et de sauver les perdus . . .

Mais, sur le bateau qui va sombrer, ils dorment encore, ils dorment toujours !

Faudra-t-il que les païens nous réveillent, que les sans-Dieu nous mettent en accusation afin que revenus à nous-mêmes nous nous écriions, comme Jonas : « Jetez-nous à la mer, et la mer s’apaisera pour vous ? » C’est par ce sacrifice, par ce renoncement à lui-même, que Jonas sauva les matelots en péril et les amena à la connaissance du vrai Dieu. Aujourd’hui encore, pour évangéliser le monde, le moyen le plus efficace est à la portée de chaque chrétien. Qu’il renonce chaque jour à lui-même, à sa propre vie, en ayant toujours en vue le salut des autres. Alors il se sauvera lui-même, et sauvera ceux qui l’écoutent (1Timothée 4.16).

Mais qu’arrivera-t-il aux croyants s’ils ne se réveillent pas du sommeil et ne se repentent pas de leur tiédeur pour marcher ensemble et donner gloire à Dieu pendant qu’il en est temps ? Dieu qui est amour nous avertit avec larmes qu’Il devra nous frapper plus sévèrement . . .

  • Attendrons-nous qu’on nous prive de nos occupations terrestres, pour que nos cœurs s’occupent des choses d’en haut ?

  • Attendrons-nous pour marcher dans la sainteté que le monde se sépare de nous, qu’il ne veuille plus de notre commerce ?

  • Attendrons-nous le moment où tous les vrais chrétiens seront jetés en prison, pour que, des frères en la foi se rencontrent, apprennent à se connaître et à s’aimer en se préparant ensemble au martyre ?

Au temps de Jérémie, comme aux jours de Jésus, les larmes du Seigneur ne purent fléchir les cœurs indifférents et rebelles . . . et Dieu dut se lever, comme II se lève maintenant, pour faire Son œuvre étrange, Son travail inaccoutumé (Ésaïe 28.21).

Car en tous temps « Dieu ne prend pas plaisir à la mort du méchant, mais à ce qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ézéchiel 18.23). « Ce n’est pas volontiers qu’Il humilie et afflige les enfants des hommes » (Lamentations 3.33). « Mais, parce qu’II les aime, Il châtie et frappe de la verge tous ceux qu’Il reconnaît pour ses fils » (Hébreux 12.5-6).

Que Dieu renouvelle donc en ses rachetés le témoignage de Jésus, de Celui qui va bientôt ravir de la terre tous ceux qui L’attendent, tous ceux qui ayant, en eux, cette espérance se purifient comme Lui-même est pur. Car la colère de Dieu s’amasse sur le monde, et sur la chrétienté qui a commis tant d’abominations au Nom du Seigneur.

Quand on pense que ce qui s’appelle encore « Église » a patronné les Croisades, les horreurs de l’Inquisition, et que, plus près de nous, des milliers de baptisés « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » ont exterminé six millions de Juifs dans les chambres à gaz et les fours crématoires . . . on demeure atterré ! Que va-t-il arriver à ces peuples qui ont connu la vérité mais qui ne l’ont pas aimée, et qui continuent à désobéir à l’Évangile du Fils de Dieu ?

Une puissance d’égarement surviendra sur eux pour qu’ils croient au mensonge . . . (2Thessaloniciens 2.7-12), jusqu’à ce que le ciel s’ouvre et que paraisse sur un cheval blanc Celui qui s’appelle Fidèle et Véritable ! Une épée aiguë sort de sa bouche pour frapper les nations . . . Les armées qui sont dans le ciel le suivront et seront associées à l’établissement du Règne de Celui dont le nom est la Parole de Dieu (Apocalypse 19.11-21).

Ce ne sont pas les bombes atomiques, ou les nouveaux engins de destruction de notre temps que les hommes doivent craindre. C’est une pierre, détachée sans le secours d’une main, et qui brisera le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or de notre siècle idolâtre (Daniel 2.45). C’est l’intervention directe et soudaine des armées d’un autre monde, conduites par Celui qui fut crucifié sur la terre et qu’auront renié ceux qui se réclamaient de Lui.

Peu importe donc que le monde sache si d’autres planètes sont habitées . . . Ce que tous doivent savoir, c’est que le ciel est peuplé d’armées innombrables et que leur Chef va régner (Psaume 2). Car « Il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’Il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1Corinthiens 15.25). Sachant ces choses « certaines et véritables » donnons gloire à l’Éternel notre Dieu,

Rachetons le temps, et fuyons la colère à venir !

RÉPERTOIRE DES ÉCRITS DE GASTON RACINE