OPINIONS OU CONVICTIONS ? LA FOI
Gaston RACINE
1943
INTRODUCTION

Sous le titre OPINIONS OU CONVICTIONS ? – LA FOI, nous nous proposons de publier spécialement pour la jeunesse, trois études bibliques, sur la Foi, l’Espérance et l’Amour. La tâche poursuivie dans ces modestes ouvrages, peut se résumer dans les trois points suivants :

  • Apporter à la jeunesse actuelle, un message positif et dynamique, lui donnant les fondements essentiels d’un christianisme authentique.
  • Montrer l’insuffisance des opinions humaines, et amener les âmes sous l’action du St Esprit à des convictions profondes basées sur la seule Parole de Dieu.
  • Diriger les cœurs vers une foi personnelle et vivante en Jésus Christ, afin que, l’ayant rencontré personnellement dans leur vie, ils sachent véritablement QUI ils croient, CE qu’ils croient, COMMENT ils croient, et POURQUOI ils croient. Alors seulement la jeunesse pourra confesser sa foi dans les bons et les mauvais jours, n’ayant plus honte de l’Évangile, ayant expérimenté qu’il est « la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient » (Romains 1.16).

Dans un monde où tout chancelle, où à la suite de NIETZSCHE on « transvalue des valeurs », où non seulement on ne fait plus de différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre ce qui est impur et ce qui est pur (Ézéchiel 22.26), mais, où le bien tend à s’appeler mal, la vérité erreur ; dans un monde où l’on méprise les faibles pour exalter les forts, où la haine et la vengeance sont glorifiées, et la pitié et le pardon bafoués, dans le cœur du fidèle, trois choses cependant demeurent : « la Foi, l’Espérance et l’Amour » (1Corinthiens 13.13).

Chrétiens qui lisez ces lignes, c’est l’heure de nous réveiller du sommeil, de sonner fort de la trompette. Nous avons été laissés ici-bas pour être les témoins du Christ, et non les fossoyeurs du christianisme. Notre Seigneur nous appelle à remonter le courant du siècle, revêtus de la cuirasse de la Foi, portant bien haut le flambeau de l’Espérance et la bannière de l’Amour.

La FOI, l’ESPÉRANCE et l’AMOUR, sont l’essence du christianisme, les trois vertus chrétiennes par excellence. Elles résument et forment les éléments essentiels de la vie du croyant. Elles sont la devise et les dispositions du vrai disciple de Jésus Christ, dont la religion n’est pas seulement le christianisme, mais dont Christ est la vie.

Ainsi, c’est à ces trois indices sûrs que l’on reconnaît, au sein de la profession chrétienne et des multiples divisions qui déchirent l’Église, ceux qui sont sur le chemin du salut, ceux qui invoquent le Nom du Seigneur d’un cœur pur et avec lesquels nous sommes appelés à marcher (2Timothée 2.22).

Ils sont manifestes :

  • Par leur AMOUR pour Dieu, qui ne peut s’exprimer dans le monde visible que par une obéissance joyeuse à Ses commandements et par une charité active pour leur prochain, l’homme, ami ou ennemi.
  • Par une ESPÉRANCE vivante, qui illumine leur vie au sein même de la tribulation, étant une source intérieure de joie et de paix intarissable et indépendante des circonstances dans lesquelles ils se trouvent.
  • Par une FOI opérante, basée sur une confiance totale dans les promesses divines, et qui produit des œuvres à la gloire de Dieu.

C’est toujours à ce triple caractère que l’apôtre Paul reconnaît dans ses épîtres les vrais enfants de Dieu. (Voir Éphésiens 1.15-18 ; Colossiens 1.3-5 ; 1Thessaloniciens 1.3 ; Tite 1.2-13 ; Hébreux 6.10-12) Qu’en est-il de chacun de nous ? Arrêtons-nous un instant ! Il en vaut la peine. Laissons-nous sonder par la lumière de Dieu qui nous connaît et adressons-Lui cette prière du fond de nos cœurs , « Sonde-moi ô Dieu ! et connais mon cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle » (Psaume 139.23-24).

La plus grande de ces choses, celle qui doit donc nous caractériser avant tout, celle sans laquelle nous ne sommes rien, c’est l’Amour, non seulement parce qu’il subsistera dans le ciel lorsque la Foi sera changée en vue et l’Espérance en réalité, mais encore parce que l’Amour est l’âme, la vie même de la Foi et de l’Espérance. Que la lecture des lignes qui suivent atteigne les cœurs. Que le Saint-Esprit réveille les tièdes et donne la vie aux morts. Qu’une armée de jeunes croyants se lève pour combattre pour la seule Cause juste et véritable.

Alors, du sein même de leur orgueil ou de leur désespoir, les hommes pourront voir que le christianisme n’est pas un idéal périmé, une religion usée et dépassée, le vernis superficiel des lâches et des hypocrites, mais une vie puissante qui s’accomplit dans la faiblesse humaine, faisant des croyants la lumière du monde et le sel de la terre (Matthieu 5.13-14.) « Et toi fils d’homme, je t’ai établi sentinelle . . . et tu entendras la Parole de ma bouche, et les avertiras de ma part » (Ézéchiel 33.7).

Gaston RACINE

Leysin, mars 1944

CHAPITRE 1
OPINIONS OU CONVICTIONS ?

Dans nos pays où le christianisme est devenu la religion officielle, il suffit de naître dans une famille catholique ou protestante pour être baptisé et porter d’office le nom de chrétien. Aussi, pour beaucoup, ce nom porté par tout le monde a perdu sa réelle signification. Il n’en était pas ainsi dans les débuts de l’ère chrétienne. Seuls ceux qui s’étaient convertis au Seigneur après avoir entendu et cru l’Évangile, étaient baptisés et introduits dans l’Église (Actes 2.41 et 47).

Le nom de CHRÉTIEN fut donné pour la première fois à Antioche aux disciples du Christ (Actes 11.26). Ceux-ci sortis du judaïsme, d’autres, plus tard, ayant rompu avec le paganisme et ses coutumes par une conversion véritable, manifestaient aux yeux du monde un changement total de vie. Le christianisme à son origine, n’était pas une simple étiquette extérieure, l’insigne d’une société particulière, ou seulement l’observance de nouveaux rites, la pratique d’un nouveau culte, mais une vie nouvelle.

Aujourd’hui, par un éloignement progressif de la vérité évangélique, on en est venu à s’attribuer le nom de chrétien sans posséder nécessairement la vie de Dieu qui est dans Son Fils (1Jean 5.11). Ainsi, l’homme dont la conduite offre parfois un saisissant contraste avec les enseignements de Jésus porte le nom de chrétien comme le fidèle régénéré. Cette funeste inconséquence crée une grande confusion et fausse le principe de la vraie appartenance à l’Église.

Perdant de plus en plus la notion biblique du christianisme, par la force des choses, par tradition, par éducation  « on est devenu chrétien » comme les enfants de parents bouddhistes ou musulmans sont bouddhistes ou mahométans. Or si le bouddhisme ou le mahométisme peuvent être un privilège de naissance, il n’en est pas ainsi du christianisme.

On ne naît pas chrétien, on le devient par une nouvelle naissance (Jean 3.3). Quelle que soit la piété du milieu où nous voyons le jour, nous naissons pécheurs dans ce monde. Notre grand privilège sur les païens est que nous avons la possibilité d’entendre l’Évangile dès notre enfance. Cet avantage immense, ne l’oublions pas, augmente aussi terriblement notre responsabilité. À l’heure actuelle, il est nécessaire que nous comprenions à nouveau le sens profond et le caractère du christianisme.

Ne nous contentons pas de notions vagues, car l’heure est venue de montrer la couleur de notre drapeau. Nous arrivons à des temps de décisions où l’indifférence et la neutralité spirituelles ne pourront plus subsister. L’heure du « POUR » et du « CONTRE » va sonner au cadran de l’histoire (Apocalypse 3.16 ; 22.11). Jusqu’à présent, dans notre pays, les chrétiens n’ont guère été mis à l’épreuve, mais il n’en sera peut-être pas toujours ainsi. Notre christianisme est-il prêt à subir le feu du creuset ?

Tandis qu’une opinion est un sentiment particulier que l’on se forme d’une chose en la considérant par soi-même, une CONVICTION est la certitude que l’on a de la vérité d’un fait, d’un principe. Croyance probable, assertion qui n’est pas sûre, l’OPINION a sa place dans les choses sur lesquelles chacun peut penser comme il lui plaît. Par contre, dans le domaine religieux, qui est celui de nos relations avec Dieu, des convictions sont nécessaires, car étant des créatures dépendantes, nous ne sommes pas libres de penser en dehors de la Révélation divine.

Beaucoup trop de personnes, croyons-nous, se sont contentées jusqu’ici de partager les opinions courantes. Les enfants de chrétiens eux-mêmes n’ont pas échappé à ce danger. Ils se sont bornés à partager d’une façon vague et extérieure les convictions de leurs parents. Ils ont été baptisés, ont reçu une éducation religieuse, sont peut-être même devenus membres d’une église ou d’une assemblée.

Cependant, il est symptomatique de rencontrer parmi eux un manque de certitude, qui se traduit dans toute leur manière de vivre et d’agir dans ce monde. D’aucuns professent encore des opinions religieuses, mais ne confessent plus leur foi. La foi de plusieurs est tellement diluée, inconsistante, qu’au moment du danger elle glisse entre leurs mains infidèles. Si des opinions semblent suffire dans la vie en un temps facile, elles provoquent un désastre dans les mauvais jours et les heures de grandes tentations.

La vie basée sur des opinions bonnes ou mauvaises est un édifice construit sur le sable. Il tiendra debout un temps, mais, quand viendront l’épreuve, les vents contraires, les torrents des passions, cette maison s’écroulera parce qu’elle n’est pas fondée sur le Roc.

Ce Roc est JÉSUS-CHRIST, la Parole Vivante, et la BIBLE, la Parole écrite dont les enseignements demeurent éternellement quand la figure de ce monde passe (1Corinthiens 7.31). Mais peut-on être sûr de quelque chose, avoir des convictions à une heure où tout est instable, où tout chancelle, où demain vient donner un démenti aux espérances d’hier et d’aujourd’hui, où beaucoup d’affirmations semblent être contredites par des faits souvent tragiques ? N’est-il pas plus sage de ne pas se prononcer sur cette horrible guerre ? Ne devons-nous pas rester neutres, ou tout au moins n’est-il pas plus prudent de miser sur deux tableaux ? Ne faut-il pas plutôt attendre, afin de ne pas nous compromettre ?

Oui ! Si nous ne possédons comme source de convictions que des idées humaines, hypothétiques et fragmentaires, susceptibles de changement, de variation. Nous serions alors dans le juste en recherchant et en faisant nôtre l’opinion qui paraît actuellement la bonne, tout en nous réservant la possibilité de l’abandonner, si des faits nouveaux viennent l’infirmer et qu’une opinion meilleure nous soit présentée. Et qu’alors périssent les doctrines sectaires, fanatiques, réputées immuables ! Soyons souples. Vivons au jour le jour du temps qui passe !

Non! Si nous possédons une Révélation divine, si la source de nos convictions est la Parole de Dieu et le témoignage du Saint-Esprit. Or nous avons une Révélation divine ! Jésus a sans cesse rendu témoignage aux Saintes Écritures. Ne disait-Il pas : « Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli » (Matthieu 5.18). La question est trop capitale, le sujet trop brûlant, les autorités trop importantes, pour que nous restions indifférents. Nous ne pouvons nier sans examen la Révélation divine. Il faudrait pour cela être insensé ou de mauvaise foi.

Si nous doutons, enquerrons-nous, soyons sincères dans la recherche de la vérité, et sans préjugé, assurons-nous si Dieu a parlé ou non, si la Bible est un livre comme tous les autres, ou supérieur aux autres seulement, ou si ce Livre est réellement la Parole inspirée par Dieu. Lisons la Bible, et nous nous rendrons compte si oui ou non c’est un livre qui renferme l’ensemble de toutes les pensées de Dieu et de toutes Ses voies relativement à l’homme, ainsi que Son propos arrêté à l’égard du Christ et de l’homme en Lui, un livre qui fait connaître en même temps ce que Dieu est, quelle est la responsabilité de l’homme envers Lui, ce qu’Il a fait pour l’homme, et les nouvelles relations avec Dieu dans lesquelles celui-ci entre par Christ, un livre qui révèle ce que Dieu est moralement dans Sa nature, et les économies au cours desquelles Il se glorifie devant les cieux et leurs habitants, un livre qui dévoile les secrets du cœur humain et met à nu son état, et qui, en même temps, place à découvert devant Lui les choses invisibles, un livre qui commence au point où le passé touche à l’éternité, et qui nous conduit, par le développement et la solution de toutes les questions morales, au but où l’avenir se perd dans l’éternité selon Dieu, un livre enfin qui sonde les questions morales dans la parfaite lumière de Dieu pleinement révélé, et nous fait connaître les fondements de nouvelles relations avec Lui selon ce qu’Il est en Lui-même et selon ce qu’Il est en amour infini ?

J.N. DARBY, Introduction à la Bible

Convaincus alors, nous serons appelés à prendre position, car on ne peut rester neutre si Dieu a parlé, si Dieu s’est révélé en Jésus Christ. Et c’est au Christ que toutes les Écritures rendent témoignage (Jean 5.39). En vertu de l’autorité de Dieu, des convictions profondes seront alors notre part. Nous ne serons plus ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine (Éphésiens 4.14). Le temps et les circonstances changeront et nous atteindront aussi (Écclésiaste 9.11), mais n’altéreront en rien nos convictions. Nous serons sur le Rocher au sein de la tempête et non plus dans l’esquif jouet des flots, dans la barque qui fait eau des hypothèses et des concepts humains.

Avertis par la Parole de Dieu, nous conserverons notre calme au sein des détresses actuelles. Les événements n’ébranleront plus notre foi, mais au contraire la confirmeront en rendant témoignage à ce que la Bible nous enseigne sur l’avenir d’un monde qui croit pouvoir vivre sans Dieu, ou tout au moins sans le Sauveur que Dieu lui a donné. Les atrocités et les souffrances présentes ne seront plus attribuées à Dieu, mais considérées comme les inévitables conséquences de l’attitude de l’homme, qui croit pouvoir régner seul ou se conduire selon ses propres pensées ou encore se sauver par son travail, ses œuvres, ses mérites et sa religion.

Sauvés par grâce, nous vivrons du pardon du Dieu saint et juste, annonçant la Parole de vie aux perdus. La justice de Dieu ne sera plus pour nous une question, ni une énigme, ni un problème, ni un sujet de discussion. Elle sera un fait, le plus profond, le plus intime, le plus sûr de notre vie. La guerre même ne nous fera plus nous poser cette question absurde :

Si Dieu était juste, est-ce qu’Il permettrait tout ce qui est en train de se passer dans le monde ? Une question absurde ? Oui, vraiment absurde si l’on entend ici par Dieu le Dieu vivant. Car jamais le Dieu vivant ne se révèle à notre conscience autrement que comme un Dieu juste. Vraiment absurde, car si nous Le voyons tel qu’Il est, si nous L’entendons, nous demander de Le reconnaître et de l’accepter tel qu’Il est, quel sens cela peut-il avoir de lui poser la question : Es-tu juste ? Mais une question pleine de sens, très juste et très importante si nous la posons à ce Dieu pour qui nous avons, dans notre orgueil et notre désespoir, élevé nos tours de Babel, à ce grand arrière-plan, personnel ou impersonnel, mystique, philosophique ou naïf, à ce grand patron protecteur de nos justices humaines, de notre morale, de notre État, de notre culture, de notre religion. Oui, si c’est ce Dieu que nous entendons, nous avons tout à fait raison de poser la question : Dieu est-Il juste ? Et la réponse est vite trouvée.

Karl BARTH, Parole de Dieu, parole humaine p.23

La chrétienté est tombée dans l’idolâtrie. Infidèle, foulant aux pieds le premier commandement du décalogue (Deutéronome 5.7), elle a sacrifié à des dieux sans nombre (Deutéronome 32.17). On s’appelle « chrétien », disciple du Christ, et une foule d’idoles règnent sur nos cœurs à la place du Seigneur. Chez les uns, c’est une idée, une philosophie, l’Art, la Musique, la Beauté, l’Amour ; chez les autres, l’Argent, un être, une passion ! L’idolâtrie ! Voilà bien dans tous les temps la source de toutes les misères des hommes.

Au cours des siècles, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Seulement aujourd’hui encore il y a un remède. Les compassions de Dieu ne sont pas épuisées. Son appel retentit encore comme aux jours de Jérémie le prophète. Dieu s’adresse à tous individuellement « Reviens, nation rebelle ! dit l’Éternel ; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l’Éternel ; je ne garderai pas ma colère à toujours. Seulement reconnais ton iniquité . . . Si tu reviens . . . dit l’Éternel, reviens à moi ; et si tu ôtes tes abominations de devant moi, tu ne seras plus errant, et tu jugeras en vérité, en jugement et en justice : L’Éternel est vivant ! Et les nations se béniront en Lui, et en Lui elles se glorifieront. Car ainsi dit l’Éternel aux hommes de Juda et de Jérusalem : Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas au milieu des épines ! » (Jérémie 3.12 ; 4.1-3).

Comme Israël, pour avoir abandonné l’Objet immuable de la foi, la chrétienté est meurtrie et divisée aujourd’hui. Elle n’a pas su garder « le bon dépôt » (2Timothée 1.14). Elle s’est laissé distraire par des idéologies étrangères ; elle n’a plus confessé hautement la foi et est devenue la proie d’une philosophie sans durée. Par elle, plusieurs ont laissé leur foi se dissoudre dans toutes sortes de doctrines, qu’elles s’appellent rationalisme, libéralisme, modernisme, étatisme. D’autres ont remplacé « la foi opérante par l’amour » par des dogmes et des formes sans vie.

Il est temps que nous retrouvions les caractères de la vraie foi. Pour cela, défrichons pour nous un terrain neuf, et ne semons pas au milieu des épines ! Délaissons nos idées, nos idoles ; rejetons tout ce qui règne sur nous et revenons à Jésus Christ, seul Seigneur de nos pensées, de nos cœurs, de nos vies. Débarrassons la foi de tous les vêtements ecclésiastiques, idéologiques et philosophiques dont nous l’avons affublée, et recouvrons la foi pure et simple des évangiles, la foi qui a pour Objet le Dieu de la Bible manifesté en Jésus Christ.

Alors seulement, dans la confession d’une foi vivante et pure, les croyants de l’Église, disséminés dans les églises, connaîtront un renouveau de vie, et reprendront conscience de leur unité merveilleuse qu’ils n’ont pas su garder ni manifester au monde. « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous CROYONS et nous SAVONS que Toi, tu es le Saint de Dieu ! » (Jean 6.68-69).

CHAPITRE 2
LA FOI - QU'EST-CE QUE LA FOI ?

Dans son sens général, la FOI est la croyance qui repose sur le témoignage. Avoir foi en quelque chose, c’est adhérer, sur le témoignage d’autrui, à une vérité ou à un fait que nous ne pouvons vérifier nous-mêmes. Il suit donc de là que la foi est divine ou humaine selon que le témoignage vient de Dieu ou des hommes (1Jean 5.9-10 ; Jean 3.33). Le mot foi se rencontre fréquemment dans la Bible, surtout dans le Nouveau Testament, et y est employé dans différentes acceptions. Il peut désigner :

  • L’ENSEMBLE DES VÉRITÉS RÉVÉLÉES PAR DIEU(Jude 3.20 ; 2Timothée 4.8 ; Apocalypse 2.13). C’est dans ce sens qu’on dit des païens ou des Juifs qu’ils se sont rattachés à la foi chrétienne. Quand l’apôtre parle du « mystère de la foi » que nous sommes appelés à garder (1Timothée 3.9), il entend l’ensemble des vérités qui constituent le christianisme et qui ont été mises en lumière par la mort et la résurrection de Christ ;

  • LE DEGRÉ SELON LEQUEL L’ÂME EST ENTRÉE DANS LA CONNAISSANCE DU SEIGNEUR ET DE SA PAROLE (Romains 12.3). Dans ce passage, la foi nous donne la mesure exacte de ce que nous sommes et de ce qui nous est demandé. Considérée sous cet aspect, notre foi peut être « petite » ou « grande » (Matthieu 6.30 ; 8.10) ; on peut en posséder « peu » ou en être « rempli » (Matthieu 8.26 ; Jacques 2.5 ; Actes 6.5-8). Dans ce sens, la foi est susceptible d’accroissement (2Corinthiens 10.15 ; 2Thessaloniciens 1.3), et comme les disciples nous pouvons tous dire :« Seigneur augmente-nous la foi » (Luc 17.5). Que la foi soit petite ou grande, l’essentiel est de s’en servir, et alors des prodiges s’accomplissent (Matthieu 21.21). Il suffirait d’avoir de la foi comme un grain de moutarde pour transporter des montagnes et ne connaître aucune impossibilité (Matthieu 17.20). Si nous désirons avoir plus de foi, il faut mettre en œuvre celle que nous avons déjà (Matthieu 25.29);

  • dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, verset 9, où LA FOI EST ENVISAGÉE COMME UN DON SPIRITUEL, l’apôtre n’en parle pas dans le sens de la foi qui sauve, car cette dernière est offerte à tous les hommes (1Timothée 2.4), et tous les membres du corps de Christ la possèdent. Mais il est question d’un don spécial qui permet au croyant d’exercer un ministère particulier, comme celui de Georges MULLERHudson TAYLOR, etc.

  • enfin, dans son acception la plus stricte et dans sa signification subjective, LA FOI EST UNE INTUITION DE L’ÂME par laquelle nous percevons des vérités qui sont en dehors du monde des sens et de la sphère du raisonnement. C’est une « vertu surnaturelle », par laquelle, sous l’inspiration et par la grâce divine offerte à tous les hommes (Tite 2.11), nous tenons pour vrai ce que Dieu a révélé (Jean 3.33-34). La foi est l’ATTITUDE DE L’HOMME EN FACE D’UNE DÉCLARATION DE DIEU : il se soumet, il croit ce que Dieu dit, non parce que sa raison humaine est satisfaite, mais en vertu de l’autorité de Dieu même qui révèle Ses pensées et qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper (Hébreux 6.17-18 ; Tite 1.2). Il reçoit ainsi ce que Dieu donne (Jean 3.16) et se livre à Lui sans réserve. L’INCRÉDULITÉ est l’attitude contraire. Elle consiste à abandonner le Dieu vivant et à refuser ses dons. La foi, c’est croire. Croire Dieu, c’est avoir une confiance absolue et inébranlable dans la vérité du témoignage de Dieu, même si ce témoignage n’est appuyé par aucune autre preuve. C’est avoir une confiance et une assurance totales dans l’accomplissement des promesses divines, même si tout semble les contredire. Croire, c’est prendre Dieu au mot (Tite 1.2 ; Hébreux 6.17-18).

La FOI n’est donc pas la crédulité, ni une croyance sans évidence, car si elle ne repose ni sur la vue, ni sur la logique, elle a sa RACINE dans la confiance au Dieu vivant. Sa preuve pleinement suffisante est la Parole de « Celui qui ne peut mentir ».

Exiger une autre preuve que celle-là n’est pas du rationalisme, mais de « l’irrationnel ». Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand (1Jean 5.9-11) ! La foi est l’unique moyen de salut pour l’homme (Éphésiens 2.8-9), car elle seule s’approprie la justice de Dieu (Romains 1.16-17). C’est par la foi que nous comprenons que les mondes ont été formés par la Parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent (Hébreux 11.3).

Il faut croire pour comprendre. La foi est l’échelon qui conduit à la science.

saint AUGUSTIN

Sans la foi « il est impossible de plaire à Dieu » (Hébreux 11.6), et c’est dans la foi et non ailleurs que se rencontre le Dieu qui parle, qui commande, qui donne, et l’homme qui écoute, obéit et accepte. La foi devient la sphère nouvelle dans laquelle le chrétien vit (Galates 2.20 ; Romains 1.17), aime (Tite 3.15) et meurt (Hébreux 11.13).

Comme nous l’avons vu, le mot FOI dans les Écritures a différentes acceptions. Cependant, il n’y a qu’une seule et même foi pour les chrétiens, que nous l’envisagions dans son Objet ou dans sa nature intime (Éphésiens 4.5). Cette foi doit produire en tous les mêmes sentiments et la même vie chrétienne (Philippiens 2.1-2). Elle unit les hommes autrefois ennemis de Dieu (Colossiens 1.21), haïssables, se haïssant l’un l’autre (Tite 3.3), en une seule famille, la maison de Dieu (Éphésiens 2.19), que Paul appelle aussi « la maison de la foi » (Galates 6.10).

Malgré toutes les divisions qui déchirent la chrétienté, l’unité de la foi est un fait. Dans leurs milieux divers, tous les vrais croyants possèdent la même foi dans les grandes vérités du salut. Cependant, nous sommes tous exhortés à marcher vers une unité plus parfaite dans les choses où nous différons encore (Éphésiens 4.13). Ce but ne sera pas atteint par des concessions réciproques. L’unité qui en résulterait serait factice et risquerait de se faire au détriment de la vérité. Une unité dans l’équivoque ne serait que confusion. L’unité selon Dieu ne peut être atteinte que par un amour plus vivant pour Jésus et une connaissance plus parfaite du Fils de Dieu qui est l’unique objet de la foi.

Ce qui constitue nos différences dans la foi, ce n’est pas la nature de cette dernière, mais bien son objet connu à des degrés fort divers. Les progrès dans cette connaissance et dans l’influence sanctifiante qu’elle exerce sur les vrais chrétiens les unit toujours plus intimement à Christ, dont ils sont les membres, et par là, ils s’avancent vers « la mesure de la stature de Christ », étant de plus en plus transformés à sa ressemblance, Christ lui-même grandissant en eux.

L. BONNET, Épître aux Éphésiens

Si les chrétiens abandonnaient leurs systèmes et leurs vues particulières, pour se soumettre à l’autorité du Seigneur, leurs cœurs n’étant plus occupés que de Sa personne et de Ses désirs (Psaume 38.9 ; Ésaïe 26.8), l’unité après laquelle tant de croyants soupirent se réaliserait. La vérité sépare du mal et du monde, mais ne divise pas les enfants de la même famille. La division est l’œuvre de la chair (Galates 5.20).

La vérité nous conduit à nous juger nous-mêmes et à prier pour les égarés. Ne sommes-nous pas coupables de prendre parti de nos divisions au nom de la vérité, et de les accentuer par notre orgueil et notre manque de charité ? Écoutons plutôt la prière que Jésus adressait à Son Père en pensant à nous qui avons cru par la parole des apôtres: « Or je ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole ; afin que tous soient un, comme Toi, Père, tu es en moi, et moi en Toi ; afin que le monde croie que Toi tu m’as envoyé. Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un ; moi en eux, et Toi en moi ; afin qu’ils soient consommés en un, et que le monde connaisse que Toi tu m’as renvoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (Jean 17.20-23).

C’est dans cette prière que nous trouvons la pensée du Seigneur sur l’unité des croyants. Connaissant cette pensée et possédant en Christ les ressources nécessaires, nous sommes responsables devant Dieu et le monde de manifester l’unité de notre foi. « Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce sentiment ; et si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi Dieu vous le révélera ; cependant, dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier » (Philippiens 3.15-16).

CHAPITRE 3
LA NATURE DE LA FOI

La FOI ne se transmet pas avec le sang. Nous ne l’héritons pas de nos parents ; elle ne sort pas de notre cœur charnel. L’homme ne saurait l’inspirer à l’homme. Elle est produite dans les âmes, non par des raisonnements subtils, ou des paroles persuasives de sagesse humaine, mais par une démonstration de l’Esprit, par la puissance de Dieu, (1Corinthiens 2.5 ; Jean 6.44), ou par une illumination divine (2Corinthiens 4.6), qui accompagne la prédication de l’Évangile (Romains 10.14-17 ; 1Corinthiens 1.21) et d’où naît une conviction énergique et profonde (1Thessaloniciens 1.5 ; Hébreux 10.22).

C’est la FACULTÉ QUI PERÇOIT L’INVISIBLE ET QUI SAISIT LES RÉALITÉS SPIRITUELLES (Hébreux 11.1). Ainsi les enfants de croyants, tout en jouissant de grands privilèges (1Corinthiens 7.14), ne sont pas chrétiens dès leur naissance en vertu de la foi des parents (Jean 1.13). Ils sont par nature des enfants de colère, comme aussi les autres (Éphésiens 2.3). L’éducation chrétienne qu’ils reçoivent, les connaissances bibliques qu’ils acquièrent, tout cela n’est pas encore la foi, mais doit les conduire à la foi, c’est-à-dire à cet acte personnel par lequel l’homme reconnaît la réalité de Dieu qui se révèle et qui s’adresse à lui dans Ses divers témoignages :

– la Création,

– les Écritures

– et Christ.

La FOI est donc UNE DÉCISION, LA RÉPONSE PRÉCISE À L’APPEL DE DIEU. Elle est l’attitude d’un cœur qui se soumet aux déclarations de Dieu, confessant sa misère, et la pure grâce de Dieu en qui il croit. La foi en son essence subjective et morale n’est autre chose que l’obéissance (Romains 1.5), comme l’incrédulité n’est que la révolte de la créature envers le Créateur (Jean 3.36). Toutefois, la valeur et la force de la foi ne se trouvent pas dans les impressions ou l’élan de volonté qui accompagne notre décision, mais en Dieu qui est le principe, l’Objet et le motif de la foi.

La FOI est donc D’ORDRE SURNATUREL :

  1. Par son Origine : elle est un fruit de la grâce divine, qui est apparue à tous les hommes (Tite 2.11) Elle est l’unique moyen donné par Dieu pour nous approprier Son merveilleux Salut. C’est une plante qui plonge ses racines en Dieu et qui fleurit dans notre cœur ;
  2. Par son Objet : Christ, en qui se trouvent réunies toutes les vérités révélées (Éphésiens 4.21) ;
  3. Par son Motif : l’autorité de Dieu. « De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses ! À Lui soit la gloire éternellement ! Amen » (Romains 11.36)
CHAPITRE 4
L'OBJET DE LA FOI

L‘objet de la foi n’est pas l’existence de Dieu proprement dite, que les insensés sont seuls à nier (Psaume 14.1 ; 53.1), mais la réalité de Dieu dans Ses témoignages, la fidélité de Ses promesses, la certitude de Sa Parole. Il est évident qu’on ne peut croire une personne que si on est certain auparavant que cette personne existe. Au Moyen-Âge spécialement, plusieurs théologiens et en particulier saint Thomas D’AQUIN ont cru pouvoir établir diverses preuves de Dieu. Ils avaient oublié, semble-t-il, que le chrétien et l’Église n’ont pas à démontrer la vérité, mais à la confesser.

Les savantes démonstrations thomistes ou autres qui concluent à l’existence d’un Dieu saint et bon, sage et tout-puissant ne sauraient amener l’intelligence naturelle à une conviction ferme au sujet de Dieu ; car en regardant autour de nous, nous demandons : où est la sainteté de Dieu ? Nous voyons l’impiété et l’hypocrisie tolérées. Et Son amour ? Il y a tant de misères ! Et Sa sagesse ? Le désordre envahit Son œuvre ! Et la Toute-puissance de Dieu ? Il ne semble pas faire respecter Ses lois.

Ceci explique qu’il ne suffit pas de montrer que Dieu est, ce qu’Il est, pour satisfaire notre entendement obscurci et rebelle. L’homme ne peut pas parvenir à la connaissance de Dieu par le travail de sa raison. L’homme connaît Dieu et est assuré de son existence par une expérience vivante.

La certitude de Son existence ne repose pas sur un échafaudage philosophique, mais sur le fait que Dieu s’est approché de nous, est venu à nous et nous a saisis. L’homme ne s’élève pas à Dieu, mais Dieu dans Sa grâce est venu vers nous (Jean 3.13 ; 1.14). Le croyant est assuré de l’existence de Dieu, parce qu’Il en a éprouvé la réalité dans sa vie, et non parce qu’il peut en donner des preuves scientifiques. Ces preuves existent pour lui, mais il évite les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont quelques-uns font profession (1Timothée 6.20- 21).

Le croyant témoigne de l’existence de Dieu dans ce monde, et son témoignage vivant a plus de force et de poids que toutes les preuves raisonnées. Si tu veux être assuré que Dieu existe, toi qui te heurtes à des difficultés intellectuelles dans la recherche de la vérité, ne te dérobe pas plus longtemps à la main de Dieu, qui te cherche et qui veut te saisir (Ésaïe 50.2).

Abandonne tes vaines et stériles recherches dont la poussière t’obscurcit la vue, désire rencontrer Dieu, et soudain tu verras Dieu devant toi, et en Lui tu te découvriras toi-même. Alors seulement, saisi et subjugué par Dieu, dans cette création qui soupire (Romains 8.22), dans la nature qui t’offrait tant de choses contradictoires, tu discerneras avec force la puissance éternelle et la divinité du Créateur (Romains 1.20). Le muet langage de l’étendue des cieux parviendra à ton cœur (Psaume 19.1-3). La voix de ta conscience sortant d’un long sommeil te rappellera ton origine en te montrant tes erreurs (Psaume 19.12).

L’existence de Dieu n’est donc pas un objet de recherche, un sentiment vague, une idée obscure, mais un fait indépendant de nos circonstances bonnes ou mauvaises. Les événements fâcheux qui atteignent ce monde, les épreuves pénibles rencontrées sur notre route, nos souffrances actuelles ne sauraient la mettre en doute, pas plus que l’insuffisance des preuves scientifiquement développées. Les paroles de l’Écriture accusent les païens non pas d’avoir négligé les études pour parvenir à la connaissance de Dieu, mais d’avoir méconnu la vérité divine qui se découvre manifestement à tous dans la création (Romains 1.18).

La négation de Dieu est donc une offense à la nature et une offense à la raison. À vrai dire, les libres penseurs, les positivistes, les matérialistes, les rationalistes renient la foi, non parce qu’ils ne peuvent pas croire, mais parce qu’ils ne veulent pas croire. L’orgueil des uns ne peut tolérer la suprématie d’un Être divin, auquel ils auraient à rendre compte de leur conduite. Le désespoir, le dépit, la révolte des autres qui ont vu les plans chéris de leurs cœurs bouleversés les conduisent à rejeter l’idée d’un Dieu juste et puissant. Si cet Être existait, n’aurait-Il pas dû, en bon et puissant esclave, réaliser tous leurs projets ? D’autres encore, voulant assouvir les inclinations mauvaises de leurs cœurs, excluent la pensée gênante d’un Dieu saint. Ces derniers malheureux ne sont cependant pas très dangereux pour la foi chrétienne.

Les grands ennemis de la foi sont bien plutôt ceux qui font de leur esprit leur dieu, de leur raison leur unique sagesse. Tout en s’appelant peut-être comme Nietzsche : « Nous autres immoralistes» – « Nous autres sans patrie », ils ne sont pas nécessairement de grands jouisseurs, ils ne vivent pas toujours dans les péchés grossiers. Peut-être sont-ils, comme Nietzsche et tant de grands révoltés, des chastes, des hommes dont la vie privée semble irréprochable. Ce sont des purs selon le monde, mais certainement pas « des purs » selon Dieu. (Matthieu 5.8). Leurs pensées, leurs paroles, leurs écrits sont des blasphèmes. On ne leur connaît pas selon le monde de « grands péchés », mais pourtant ils vivent dans « le péché », car la pureté selon Dieu c’est « l’obéissance à la vérité » (1Pierre 1.22). S’ils renient et nient Dieu, si avec Renan ils s’écrient : « Notre Père le Néant », c’est pour mieux croire en eux-mêmes et s’adorer eux-mêmes. Ce péché-là, c’est l’arbre mauvais. Tous les autres péchés ne sont que les fruits de cet arbre maudit (Romains 7.5).

Cet ORGUEIL de l’esprit humain qui, à l’instar de Satan (Ésaïe 14.13), veut supplanter Dieu, engendre tous les péchés. Il est la cause de la guerre et de tous les maux. Le péché de certains intellectuels, s’en rendent-ils compte, encourage les péchés des classes ignorantes. Après avoir sapé au nom de la raison toutes les bases religieuses, ou simplement après avoir jeté le doute sur les valeurs les plus sacrées, il ne faut pas s’étonner que tout chancelle. « On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi » (Galates 6.7).

Vous qui êtes si édifiés par l’exemple d’athées et d’incrédules de votre connaissance, souvenez-vous que le péché, c’est s’opposer à la volonté de Dieu, c’est détrôner Dieu. Ne nous laissons pas illusionner par de belles apparences ou entraîner par les divagations de notre esprit, mais souvenons-nous de notre Créateur pendant qu’il en est temps encore (Écclésiaste 12.1) ! Réconcilions-nous avec Lui (Job 22.21), avant que le Dieu vivant ne nous amène en jugement devant Lui (Écclésiaste 11).

Notre destinée est de glorifier Dieu ; si nous y manquons, nous nous rapprochons de la bête. Si nous sommes troublés par le problème du mal, du péché, de la souffrance, des injustices ; si nous estimons Dieu injuste ou impuissant, réalisons ce que nous sommes : fils de la poussière, atome dans l’espace, éclair dans le temps, et nous constaterons combien nos doutes sont misérables. Qui sommes-nous pour analyser Dieu, le peser dans notre balance, le soumettre à nos appréciations humaines et à nos critiques insensées ? La chose formée, dira-t-elle à Celui qui l’a formée : « Pourquoi m’as-tu ainsi faite ? » (Romains 9.20) Si nous pouvions sonder tous les problèmes, nous ne serions plus créatures, mais Dieu Lui-même. Apprenons à Le connaître et à nous connaître, et nous constaterons que le péché et l’injustice sont en nous et non en Dieu.

Le rejet de Christ, le Saint et le juste, rejet qui se perpétue au travers des âges, n’est-il pas une preuve de l’injustice de l’homme et de son état de péché ? N’est-ce pas notre orgueil, notre vanité qui nous aveugle ? Acceptons les réponses de la foi et nous comprendrons ! Ce sont nos dieux profanes ou religieux, que nous nous sommes choisis nous-mêmes, qui sont injustes et qui nous ont trompés. Ce sont eux qu’il nous faut rejeter pour revenir au vrai Dieu que nous avons méconnu et abandonné. La chrétienté est retournée au paganisme. Sous un vernis de christianisme, elle s’est créé une nouvelle mythologie. C’est là son péché et sa ruine.

En revenant à Dieu, en nous inclinant devant Lui, nous serons sauvés. Dans la reconnaissance de Sa souveraineté absolue et dans l’humble confession de notre dépendance, nous trouverons l’apaisement. Nous pourrons comprendre que « Ses pensées ne sont pas nos pensées » (Ésaïe 55.8). Nous pourrons admettre que le Dieu Créateur peut avoir des pensées et des vues qui nous dépassent et que nous ne saisissons pas.

Après ces considérations que nous jugions nécessaires pour la bonne compréhension de notre sujet, nous disons donc que l’Objet direct de la foi n’est pas l’existence de Dieu, mais Dieu Lui-même, tel qu’Il se révèle en Jésus Christ (Jean 17.3), et dont l’Écriture Sainte rend témoignage (Jean 5.39). L’Objet de la foi comprend donc toutes les vérités révélées par Dieu et qui se trouvent réunies en une seule personne, Jésus (Éphésiens 4.21), le Saint et le Véritable (Apocalypse 3.7).

Christ est l’objet immuable de la foi, mais on ne peut et on ne doit pas séparer les vérités bibliques de Sa personne adorable. Parce que nous ne connaissons encore qu’en partie (1Corinthiens 13.12), il peut exister des différences d’interprétation de détail. Par contre un homme qui dit avoir la foi et qui nie certaines vérités scripturaires, telles que la préexistence éternelle du Christ, Sa divinité, les miracles, la résurrection, ou qui spiritualise des vérités clairement établies, ne possède qu’une foi vaine, hypocrite et morte. (1Corinthiens 15.14 ; Matthieu 15.7-9 ; Jacques 2.26). Ce n’est pas la foi, mais l’incrédulité qui se promène sous le manteau de la foi (Jacques 2.14). D’autre part, si la foi se détourne de son objet unique, qui renferme toute la Révélation, pour se porter sur des traditions humaines même les plus antiques et les plus dignes de respect (Colossiens 2.23), ou sur des conceptions scientifiques même les plus plausibles (Colossiens 2.8), elle perd par là même son caractère essentiel, en cessant d’être exclusivement religieuse.

En terminant ce chapitre, je résumerai ce que nous devons croire selon les Écritures pour être sauvés. Pour avoir la vie éternelle, nous devons croire du cœur que Jésus Christ venu en chair est le Fils unique et éternel de Dieu (Jean 3.16 ; 1Jean 4.2). Cette foi n’est pas intellectuelle, elle n’est pas une opinion théologique, mais une assurance, une conviction qui nous conduit à des actes, nous amenant à nous confier en Lui et à soumettre toute notre vie à Son contrôle (Galates 2.20). Nous devons croire à l’Évangile (Romains 1.16 ; 1Corinthiens 15.1-4). Cet évangile, par lequel nous sommes sauvés, nous annonce que Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été enseveli, et qu’Il a été ressuscité le troisième jour selon les Écriture. (1Corinthiens 15.1-4).

CROIRE À L’ÉVANGILE implique la reconnaissance de Jésus comme Sauveur et Seigneur de tout notre être (1Corinthiens 6.19-20). Pour être sauvés, nous devons confesser de notre bouche Jésus comme Seigneur et croire dans notre cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts (Romains 10.9). Cela comporte la foi en Sa divinité, car si à nos yeux Jésus est né selon la chair de la semence de David, Il a été déterminé Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de Sainteté, par la résurrection d’entre les morts (Romains 1.4). La résurrection de Christ, démonstration de Sa divinité, devient le fondement de notre foi en Sa mort expiatoire.

Notre foi en l’œuvre rédemptrice de Christ trouve dans la résurrection du Seigneur le sceau de Dieu sur la vie de Jésus et sur Son sacrifice et Son approbation de cette vie et de ce sacrifice (Romains 4.25). Christ étant ressuscité, nous sommes conduits à croire à Son élévation dans la gloire (Éphésiens 1.20), à Son intercession actuelle pour nous et à Sa puissance pour nous délivrer du péché. (Hébreux 7.5) Pour être sauvés, nous devons croire que Jésus peut et veut nous pardonner nos péchés. (Luc 7.36-50)

En croyant cela, nous reconnaissons et nous confessons que Jésus Christ est Dieu, car un seul peut pardonner les péchés, Dieu (Marc 2.7). « Crois au Seigneur Jésus, disait Paul au geôlier de Philippe, et tu seras sauvé » (Actes 16. 31).

De cette affirmation et de cette circonstance, il ressort clairement que l’Objet de la foi c’est CHRIST, une personne, et non un certain nombre de vérités. Mais en croyant en cette personne et en étant ensuite enseigné dans Sa Parole, on recevra également toutes les vérités qui se rattachent à notre Sauveur, avec lequel elles formeront bientôt pour nous une seule réalité vivante. La foi qui sauve est donc autre chose qu’une adhésion intellectuelle aux vérités révélées dans la Bible, et bien plus qu’une simple confiance dans la parole d’un homme. La confiance est cependant d’une importance extrême comme point de départ de la foi.

Mais la Parole révélée, objet de cette confiance, ne doit servir qu’à nous amener à la vérité divine qu’Elle renferme, à nous introduire auprès de la personne vivante de qui l’Écriture émane. La foi est plus que l’appropriation de certaines promesses. Elle nous fait vivre en relations intimes avec Dieu Lui-même, connu comme Père, et avec Son Fils bien-aimé connu comme Sauveur, Ami et Maître de notre vie. « Il n’y a de salut en aucun autre ; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4.12).

CHAPITRE 5
LE MOTIF DE LA FOI

Le motif qui nous fait admettre une chose comme vraie peut être triple :

– Ou bien la chose est évidente : tout le monde reconnaît par exemple que « la partie est plus petite que le tout ».

– Ou bien la chose peut être vérifiée par l’expérience ou démontrée par le raisonnement tel est le cas de toutes les lois physiques et des théorèmes de géométrie.

– Enfin, nous pouvons connaître une chose par le témoignage d’autrui.

Il serait tout à fait ridicule et déraisonnable de n’admettre comme vrai que ce qui est évident et ce qui peut être constaté expérimentalement ou logiquement démontré. S’il en était ainsi, il faudrait supprimer l’histoire : car comment établir l’existence de César, de Jeanne d’Arc, de Napoléon, etc. . . par d’autres preuves que le témoignage ?

Sans la FOI, la vie humaine s’arrêterait, car la foi s’exerce dans un domaine immense, puisque chacun croit infiniment plus de choses qu’il n’en voit ou qu’il n’en a scientifiquement vérifiées. Le motif de la foi, ce n’est ni l’évidence, ni la vérification possible des vérités qui nous sont enseignées, c’est le témoignage qui repose sur l’autorité de Dieu. Tout acte de foi peut donc se formuler ainsi : « Je crois parce que Dieu l’a révélé et que Dieu est la vérité souveraine, incapable de se tromper et de nous tromper ». L’acte de foi suppose par conséquent comme établi le fait même de la Révélation.

Il est évident qu’on ne peut croire une personne que si on est certain auparavant que cette personne a parlé. La raison de la foi repose donc sur la confiance en Dieu qui a parlé et sur la véracité de Son témoignage. Ce témoignage a été confirmé visiblement par la venue de Jésus Christ sur la terre, né en Palestine sous le règne de l’empereur romain Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode tétrarque de la Galilée (Luc 3.1). Dieu n’a pas voulu rester le « Dieu inconnu » auquel les Grecs avaient élevé un autel (Actes 17.23), ni le Dieu qui se cache (Ésaïe 45.15) et que servaient les Israélites. Pour les uns et les autres, Il voulut devenir un Dieu proche et connu.

Après s’être révélé aux pères par les prophètes, Il nous parla dans le Fils ou « en Fils » (Hébreux 1.2). Quittant la gloire et la lumière inaccessible, Il habita au milieu des hommes dans un corps de chair semblable aux nôtres, mais sans péché (Romains 8.3; Hébreux 4.15). Jésus Christ, le Verbe divin, la Parole incarnée (Jean), l’Image du Dieu invisible (Colossiens 1.15), le resplendissement de Sa gloire, l’empreinte de Sa substance (Hébreux 1.3), vint au milieu des hommes leur dévoiler la gloire du Dieu incorruptible (1Timothée 1.17). Oui, la gloire de Dieu : justice, sainteté, puissance, lumière, vérité, amour et grâce, ce merveilleux ensemble des perfections divines fut manifesté en Jésus Christ, qui marcha et parla sur la terre.

Aussi, quiconque contemple encore aujourd’hui Jésus dans les évangiles, se trouve infailliblement devant cette alternative : se décider pour ou contre Lui. On ne peut avoir une attitude neutre devant Jésus Christ, car Il n’est pas seulement un grand personnage historique, mais la Révélation de Dieu en chair, le Verbe par qui ont été créées et par qui subsistent toutes choses (Colossiens 1.16-17) ; le Saint et le juste renié et mis à mort par la main d’hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité d’entre les morts, l’établissant juge des vivants et des morts (Actes 10.42).

Tous les prophètes et les apôtres lui rendent témoignage que, par Son nom, quiconque croit en Lui reçoit la rémission des péchés, et que de tout ce dont les hommes n’ont pu être justifiés par la Loi de Moïse, quiconque croit est justifié par Lui (Actes 10.43). Le départ de Jésus Christ de la scène de ce monde n’est pas une disparition, mais une courte absence aux yeux de Celui pour qui un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour (2Pierre 3.8). Sa résurrection n’est pas une légende inventée par de grossiers imposteurs. Elle est une certitude établie sur plusieurs preuves assurées (Actes 1.3; 1Corinthiens 15.4), et attestée par de nombreux témoins plus dignes ou aussi dignes de foi qu’ Hérodote, Josèphe ou Michelet, les grands historiens qui nous documentent sur l’histoire antique, l’histoire juive, et l’histoire de France.

Après avoir trouvé le tombeau vide, des yeux de chair semblables aux nôtres ont contemplé en Christ ressuscité les marques des clous du Crucifié. Le doigt de Thomas s’est posé dans les stigmates que les clous de la Croix ont laissés dans les mains du Christ ressuscité. Une main humaine a pénétré dans le côté percé par la lance romaine sur le mont Golgotha (Jean 20.24-29).

Puis, après avoir été vu et entendu par Ses disciples durant 40 jours (Actes 1.3), leur ayant fait la promesse qu’Il reviendrait, Il fut élevé dans le ciel, d’où Il était venu, et s’assit à la droite de Dieu (Actes 1.9; Hébreux 10.12; Philippiens 2.9-11.) Selon le témoignage des apôtres, Jésus Christ mort pour nos fautes au Calvaire, ressuscité pour notre justification (Romains 4.25), est donc actuellement vivant dans le ciel, comme Il est présent sur la terre par Son Esprit dans le cœur de tous ceux qui croient.

Du mont des Oliviers, les apôtres purent suivre du regard l’ascension de leur Maître bien-aimé, qu’une nuée reçut et emporta de devant leurs yeux (Actes 1.9). Étienne, Paul et Jean ont vu le ciel ouvert et y ont contemplé et entendu des choses ineffables que l’homme ne peut dépeindre et ne saurait exprimer. Dès lors, ils furent les témoins vivants et bouillants de leur Maître, invisible aux yeux du monde, mais présent dans leur cœur par le Saint Esprit. Ils savaient où était leur Seigneur.

Le Saint Esprit descendu sur eux le jour de la Pentecôte avait été l’accomplissent de la promesse de Jésus : « Il vous est avantageux que Moi je m’en aille ; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai . . . Quand celui-là, l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16.7-13). Ils connaissaient aussi l’activité de leur Seigneur dans la gloire. Il leur préparait des places dans les demeures de la Maison du Père (Jean 14.2) à eux et à tous ceux qui croiraient en Lui par leur témoignage. Ils le savaient occupé à intercéder pour eux auprès du Père comme un fidèle Souverain Sacrificateur pouvant sympathiser à leurs infirmités, ayant été tenté en toutes choses comme eux à part le péché (Hébreux 4.15).

Ils avaient l’assurance qu’Il était auprès de Dieu leur Avocat divin, le garant de leur salut acquis au prix de Sa vie, la propitiation pour leurs péchés et non seulement pour les leurs, mais aussi pour le monde entier (1Jean 2.1-2) Ils le savaient prêt à revenir les chercher (1Corinthiens 15.51-53 ; 1Thessaloniciens 4.13-18), puis à établir Son règne à l’heure dont le Père a seul connaissance (Matthieu 24.36).

Ignorant donc le jour et l’heure du retour de leur Maître, ils vivaient constamment dans cette attente, veillant sans cesse sur leurs pensées, leurs paroles, leur conduite, afin d’être trouvés dignes de Lui à Sa venue (1Thessaloniciens 5.23). Témoins des choses qu’ils avaient vues et entendues, la plupart des apôtres moururent martyrs pour le témoignage de Jésus et pour la Parole de Dieu. Pourtant, leur voix ne s’est pas tue. Quoique morts, ils parlent encore. Ils parlent par leurs écrits divinement inspirés, et avec la même ardeur qu’autrefois, ils vous conjurent, chers lecteurs, si vous ne l’avez pas encore fait jusqu’ici, de recevoir leur témoignage en acceptant Christ comme votre Sauveur personnel.

Le monde et les hommes sont sans excuse. Jésus Christ, le Fils éternel de Dieu, crucifié en faiblesse, ressuscité en puissance et accordant le pardon des péchés et la vie éternelle à quiconque croit (Jean 3.16) est le suprême motif de croire.

Jésus dit : « Moi je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Et si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, moi, je ne le juge pas ; car je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais pour sauver le monde. Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles, a son juge ; la parole que j’ai dite, celle-là le jugera au dernier jour. Car moi, je n’ai pas parlé de moi-même; mais le Père qui m’a envoyé, lui-même m’a commandé ce que je devais dire, et comment j’avais à parler ; et je sais que Son commandement est la vie éternelle. Les choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m’a dit » (Jean 12.46-50). « Si je n’étais pas venu et que je ne leur eusse pas parlé, ils n’auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils n’ont pas de prétexte pour leur péché » (Jean 15.22).

CHAPITRE 6
D'OÙ VIENT LA FOI ET COMMENT L'OBTENIR ?

La foi, fruit de la grâce divine, est l’œuvre du St Esprit en nous. Le Saint Esprit, glorieusement libre, peut opérer en l’homme de façons très diverses. Il n’est jamais soumis à des règles établies à l’avance. Il peut saisir brusquement un individu jusqu’alors opposé à Dieu et le convaincre, comme Il peut aussi opérer d’une façon progressive en soumettant son intelligence et sa volonté à Son action bénie. Le motif de la foi étant l’autorité du témoignage divin, il faut donc pour croire, écouter, connaître ce témoignage, s’assurer si Dieu a parlé. Ceci se fait par la lecture de la Bible et par l’étude des motifs qui nous déterminent à croire à l’existence de la Révélation.

Ainsi, approchons-nous de la Parole, et suivant le conseil de Jésus : Sondons les Écritures (Jean 5.39). En elles nous découvrirons de puissants motifs de croire. Devant le contenu de la Bible, considérant sa formation, son existence et sa préservation au travers des âges, ses effets dans le monde et dans le cœur des hommes, des convictions nous seront données. Seulement, souvenons-nous, en la lisant, que la Bible est un livre pour les petits enfants et pour les grands savants, mais qu’elle reste fermée à ceux qui se croient sages et qui font de l’intelligence une fin et non un moyen. Quand l’esprit aura acquis l’assurance que Dieu a parlé dans ce Livre, un grand pas sera fait en direction de la foi, le motif de croire devenant l’autorité du Dieu qui ne peut mentir.

Cependant pour que l’esprit s’incline quand nous aurons acquis la certitude de la Révélation, l’acte de foi par lequel nous adhérons du cœur à l’objet de la foi exige le concours de la volonté pour deux raisons :

  • l’homme peut résister à la grâce qui le sollicite. « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie », disait jésus à ceux qui l’écoutaient (Jean 5.40) ;

  • parce que les motifs de croire, quoique suffisants à engendrer la certitude, peuvent laisser subsister le doute dans une âme mal disposée. Pour que l’esprit s’incline, il faut vouloir et aimer la vérité, quelles que soient les ombres qui l’enveloppent encore, ou quelque opposition qu’il y ait entre ce qu’elle prescrit et les inclinations de notre cœur. Ainsi, comme l’a dit saint AUGUSTIN : « L’homme ne peut croire sans le vouloir ». Laissées à elles-mêmes, l’intelligence et la volonté humaines ne sauraient parvenir à la foi.

***

L’opération de la grâce est nécessaire pour trois raisons :

  • pour illuminer et diriger notre esprit, afin qu’elle écarte les erreurs et les préjugés qui pourraient l’empêcher de reconnaître le fait de la Révélation et de recevoir dans le cœur les vérités qu’elle contient, et qui, loin d’être évidentes, dépassent notre intelligence;

  • pour purifier et fortifier la volonté. Il faut que la grâce incline le cœur à accepter des vérités qui répugnent à ses passions. L’acte de foi, en effet, n’est pas seulement théorique, c’est-à-dire une adhésion intellectuelle aux vérités du christianisme. La vérité comporte non seulement une doctrine, mais une vie qui doit se manifester d’une façon pratique dans notre existence de tous les jours ;

  • parce que la foi nous transporte sur le terrain surnaturel et que seule la grâce peut établir un pont sur cet abîme qui sépare les choses visibles des invisibles.

De ce qui précède, et selon l’enseignement des Écritures, il résulte donc que la FOI est :

  • un don de Dieu, qui devient chez celui qui le reçoit « le moyen de salut », le lien qui unit son cœur à Dieu, source unique de toute grâce (Éphésiens 2.8). De même que tous les autres dons de Dieu, celui-ci est gratuit et à la disposition de quiconque. Il n’y a point d’acception de personne devant Dieu. Il vous est offert aujourd’hui, cher lecteur ;

  • la Parole de Dieu est l’instrument que Dieu choisit et qu’Il emploie pour nous communiquer la foi (Romains 10.17; Actes 4.4). Ceci est vrai de la foi qui sauve. C’est en écoutant la Parole du Seigneur prêchée par Paul et Silas que le geôlier de Philippe fut amené à la foi et fut baptisé (Actes 16.32-33). C’est également le cas pour la foi du croyant qui obtient l’exaucement de sa prière. La prière puissante est celle qui s’appuie sur les promesses de Dieu, mais pour cela il faut les connaître. Aussi, lisons la Bible et nourrissons nos âmes de la Parole du Dieu qui ne peut mentir. C’est vrai aussi pour la foi sous tous ses aspects. La foi vient de la Parole de Dieu et grandit au moyen de cette nourriture. Si nous désirons que d’autres arrivent à la foi, ou croissent en elle, donnons-leur la Parole de Dieu, et exhortons-les à la lire chaque jour ;

  • la foi est l’œuvre du Saint-Esprit (Jean 16.8-11) qui rend la parole vivante et la fait pénétrer dans le cœur. La lecture de la Bible nous faisant découvrir la sainteté, la justice et l’amour de Dieu, et par contraste notre souillure, notre péché, la malice de notre cœur, nous sommes mis en demeure de reconnaître notre état et de rompre, par une vraie repentance, avec notre passé.La vraie foi implique la confession et l’abandon du péché. Elle est inséparable d’une réelle repentance (Actes 2.38; 3.19), dont l’élément principal est un changement qui nous amène à Christ. Cette conversion, qui conduit à la nouvelle naissance, est l’œuvre du St Esprit. Le St Esprit sollicite tous les hommes. Depuis qu’Il est sur la terre « Il convainc le monde de péché, de justice et de jugement » (Jean 16.8). Si l’homme résiste à cette conviction, faisant taire la voix de sa conscience, il reste alors dans son état de péché et n’a plus qu’à attendre l’exécution du jugement de Dieu. Jésus dit même « qu’il est déjà jugé » (Jean 3.18). Si par contre il ouvre son cœur à l’œuvre du Saint-Esprit et confesse sa misère, l’Esprit Saint le mène plus loin. L’arrachant à lui-même, à son péché, Il le conduit à la croix du Calvaire et lui présente Christ, le Sauveur parfait qui a porté tous ses péchés. Si nous voulons recevoir la foi, ne résistons pas à la conviction de péché que veut créer en nous le Saint Esprit par la Parole de Dieu. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, deux conditions sont requises : « Repentez-vous », condition négative, qui met l’homme dans la poussière, et « Croyez à l’Évangile », condition positive, qui place l’homme régénéré dans le ciel même où Christ est assis (Marc 1.15; Éphésiens 2.6) ;

  • « Jésus est le Chef et le Consommateur de la foi » (Hébreux 12.2). Pour être conduit dans le sentier de la foi, il nous faut suivre Jésus. Il est le Guide de notre foi. Dans Sa marche ici-bas, Il nous a tracé et ouvert le chemin. Maintenant, Il nous y attire et nous aide à le suivre. Jésus dans Sa vie terrestre a rendu la foi parfaite. Il a montré aux hommes ce que peut la foi, ce qu’elle est, ce qu’elle vaut, et comment elle met Dieu au-dessus de tout. Il veut rendre aussi la foi parfaite en nous, lorsqu’il devient lui-même l’Objet de notre foi et qu’Il peut alors transformer à Son image ceux qui le contemplent. Il fait de la foi en Lui le secret d’une vie paisible, sainte et triomphante. Cette vie n’est sainte qu’en rapport avec Christ.

Les progrès dans la foi n’améliorent pas ma nature, qui reste mauvaise. La foi grandit en moi, quand elle détourne mes regards de moi-même et les fixe sur Christ. Je n’ai et n’aurai jamais en moi-même ni sagesse, ni justice, ni sainteté, mais ma foi en Christ m’impute la sagesse, la justice, la sainteté et la rédemption divines (1Corinthiens 1.30). Si nous désirons posséder la foi, demandons à Dieu dans la prière, par laquelle nous confessons notre impuissance et notre dépendance, qu’Il nous ouvre les yeux. Alors nous connaîtrons que la foi n’est pas autre chose qu’un grand Oui dit à Dieu, une parole qui est là près de nous, dans notre bouche et dans notre cœur (Romains 10.6-10).

Si nous voulons que notre foi s’affirme, comptons sur les promesses de Dieu. C’est parce qu’il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu qu’Abraham fut fortifié dans la foi, pouvant donner gloire à Dieu (Romains 4.20). Pour que notre foi ne vacille pas, détournons nos yeux du monde et des circonstances et fixons-les sur Jésus (Matthieu 14.29-31).

Si nous désirons amener une âme à la foi, mettons-la en présence des promesses divines et retenons son attention sur elles. Un grand obstacle à la foi vient de ce qu’on recherche la gloire des hommes, au lieu de rechercher uniquement celle qui vient de Dieu (Jean 5.44). La foi ne pourra jamais prospérer dans une atmosphère d’égoïsme, de recherche de soi-même et d’orgueil.

« Combien sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles. Mais tous n’ont pas obéi à l’évangile ; car Ésaïe dit : Seigneur, qui est-ce qui a cru à ce qu’il a entendu de nous ? Ainsi la foi, est de ce que l’on entend, et ce qu’on entend par la Parole de Dieu » (Romains 10.15-17).

CHAPITRE 7
LES CARACTÈRES DE LA FOI QUI SAUVE

Nous avons dit, dans notre deuxième chapitre, que la foi, c’est croire. Hâtons-nous cependant de distinguer entre foi et foi. On peut dire que l’on croit et ne pas être sauvé. On peut dire avoir la foi (Jacques 2.14), et vivre dans une tragique illusion. Jésus, déjà, ne se fiait pas à ceux qui croyaient en Lui (Jean 2.25). La vraie foi n’est pas une profession intellectuelle, extérieure, mais une réalité intérieure, qui produit des fruits conformes à la vie de Dieu dans notre vie extérieure.

La foi qui repose sur le sentiment, la sentimentalité, n’est pas la vraie foi. Si les miracles de Jésus étaient pour ceux qui les voyaient une raison péremptoire de croire (Jean 8.38 ; 14.11) s’ils pouvaient produire la foi chez une minorité de gens sincères (Jean 4.53), le plus souvent ils produisent chez les hommes charnels la fausse foi (Jean 6.2, 14-15. 30. 41. 66), et chez ceux qui ne sont pas sincères, l’incrédulité (Jean 5.14-18 ; 9.13-34 ; 11.46-53 ; 12.37-41). « Heureux, disait Jésus, ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20.29). Beaucoup de ceux qui avaient été vivement touchés dans des réunions sont retournés en arrière : ils n’étaient pas réellement « nés de nouveau » ; ils n’avaient pas reçu la vie éternelle.

On peut éprouver des émotions, être même profondément ébranlé, sans que le cœur soit réellement changé. Les dons spirituels les plus grands ne sauraient remplacer le fruit de l’Esprit (Galates 5.22). Une grande ardeur, une joie exubérante ne prouvent pas non plus que l’âme ait reçu la vie éternelle. L’Écriture donne de solennels avertissements quant à la possibilité de recevoir « la grâce de Dieu en vain », de bien commencer, puis de déchoir de la grâce (2Corinthiens 6.1 ; Galates 5.4).

Plus d’une fois, le Seigneur parle de ceux qui reçoivent la Parole avec joie, mais qui n’ont pas de RACINE en eux-mêmes. Ils ne croient que pour un temps (Luc 8.13). Ceci explique que des gens qu’on a pu prendre pour de vrais croyants sont tombés sans espoir de retour. Superficiels, ils n’ont pas persévéré dans la foi (Actes 14.22), ils ne l’ont pas poursuivie (2Timothée 2.22), et Satan, après les avoir illusionnés pour un temps sur leur état réel, s’est servi d’eux pour discréditer la vraie foi par leurs reniements. L’apôtre Pierre dans sa seconde épître leur applique ce proverbe : « Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi lui-même, et la truie lavée, à se vautrer au bourbier » (2Pierre 2.20-22).

Leur cas est grave, car après avoir été une fois éclairés, et avoir goûté du don céleste, ils n’ont désormais plus l’excuse, en rejetant Christ, de ne pas savoir ce qu’ils font. Aussi, l’épître aux Hébreux nous déclare qu’il est impossible pour eux d’être « renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l’exposant à l’opprobre » (Hébreux 6.4-6). Après Jésus qui met en garde contre une profession de foi apparente, mais sans réalité profonde, l’apôtre Paul nous montre qu’on peut posséder une foi qui transporte les montagnes, et pourtant n’être rien, s’il nous manque l’amour (1Corinthiens 13.2). Pas plus que beaucoup de paroles pieuses (Matthieu 7.21), les actions extraordinaires ne sont preuves de la vraie foi. Celle-ci a sa source et sa manifestation dans l’amour de Dieu. La foi amène les hommes à être et non pas à paraître.

L’apôtre Jacques reprend également celui qui se glorifie de sa foi tout en menant une vie coupable. Il lui dit : « Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien, les démons aussi croient, et ils tremblent » (Jacques 2.19). Il ne suffit pas de proclamer que Jésus Christ est le Fils de Dieu. Pierre l’a fait (Matthieu 16.16), mais les démons aussi. Écoutons plutôt : « Je connais qui tu es, le Saint de Dieu » (Marc 1.24 ; 62 24), ou encore : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? » (Marc 5.7).

D’aucuns de nos lecteurs savent peut-être qui est le Christ. Peut-être même ont-ils une connaissance très orthodoxe de Sa personne et de Son œuvre. Seulement, qu’ils se souviennent que cette connaissance, à elle seule, ne peut les sauver. La connaissance de Dieu n’est pas une fin en soi, elle n’a pas de valeur en soi-même. Elle est un service qui n’a de prix que par son sujet, sa tâche, son but, honorer Dieu (Colossiens 1.9-10).

La connaissance de Dieu n’est pas une connaissance qui nous laisse intacts, elle est une connaissance qui nous entraîne. Dieu nous prend à Son service. Il ne nous laisse pas rester nous-mêmes et « le connaître » avec indépendance. Il devient tout pour nous.

Karl Barth, La Confession de Foi de l’Église, p. 63

Pierre et les démons ont confessé Christ avec des formules presque identiques. Mais Pierre, en le faisant, agissait sous l’inspiration divine, tandis que les démons obéissaient à la crainte. Voilà pourquoi le Seigneur, qui lit dans les cœurs, qui regarde à la source et à la nature d’une confession, peut proclamer Pierre « bienheureux » (Matthieu 16.17), alors qu’Il dit au démon : « Tais-toi » (Marc 1.25). Pierre croit et aime, parce qu’il a été aimé le premier (1Jean 4.19); les démons savent, croient, mais ne connaissent pas l’amour qui bannit la crainte (cf. Jacques 2.19 et 1Jean 4.18).

Prenons garde à la froide et sèche connaissance biblique. On peut tout savoir sans posséder la foi. L’opération de la foi transforme des vérités connues en réalités dans nos vies. On ne sait plus, on ne croit plus, parce, qu’on nous a dit, mais on sait et on croit pour avoir expérimenté l’amour du Seigneur (Jean 4.42). Veillons donc à ne pas confondre la foi avec des sentiments religieux, la foi avec des actions spectaculaires ; la foi avec des connaissances doctrinales étendues.

Comment donc pouvons-nous reconnaître les vrais croyants? À ce principe universel : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Matthieu 7.20).

Une preuve irrécusable que nous sommes enfants de Dieu, sera notre persévérance dans la sainteté et dans l’obéissance à la Parole de Dieu (Hébreux 12.14). Alors, le Saint-Esprit rendra témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Romains 8.16). Tel est le premier caractère de la vraie foi. Elle ne nous donne l’assurance de notre salut que dans une communion vivante avec le Sauveur Vivant et une marche dans la lumière (1Jean 1.6-7). Ceci ne veut pas dire que le croyant soit impeccable, car « nous faillissons tous à plusieurs égards » (Jacques 3.2).

Ayant la foi, il nous sera impossible de vivre dans un état de péché, de pratiquer l’iniquité (1Jean 3.4-12). Toutefois, si nous ne veillons pas constamment, si nos yeux ne sont pas fixés sans cesse sur Jésus, une chute, ou même plusieurs sont inévitables. Cependant cela ne peut être qu’un accident dont nous pouvons être restaurés, en confessant notre péché à Celui qui est fidèle et juste pour nous le pardonner et nous purifier de toute iniquité (1Jean 1.9 ; cf. Proverbe 28.13).

Le péché rompant la communion avec Dieu, il est impossible pour celui qui l’a goûtée de vivre sans elle (lire Psaumes 32 et 51) Certes le Seigneur a dit de ses brebis : « Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10.28). Toutefois, d’après le contexte, ces paroles ne sauraient donner d’assurance qu’aux brebis qui écoutent la voix du Bon Berger et qui le suivent (Jean 10.27). Pour elles, oui, il y a une assurance totale, et avec l’apôtre Paul, s’appuyant uniquement sur Christ en qui elles se trouvent, et non sur leur fidélité, elles peuvent s’écrier au sein de toutes leurs misères et de leurs défaillances : « Il n’y a désormais aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ! Car je suis assuré que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses présentes, ni choses à venir, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Romains 8.1, 38-39). Ce chant de triomphe est celui de la vraie foi !

Qu’il soit bien entendu que la foi véritable donne l’assurance pleine et entière du salut. Mais que périsse cette conception fausse et diabolique qui fait de la foi une police d’assurance contre les risques de peines éternelles. Personne ne reçoit l’assurance de son élection comme une charte d’immunité pour vivre ensuite comme bon lui semble!

La foi est dans le cœur du croyant une loi morale, et le germe d’une personnalité nouvelle (2Corinthiens 5.17). Elle est loin d’entraîner au relâchement moral, mais produit nécessairement et spontanément des œuvres (Éphésiens 2.10). En effet, elle est la mort au péché qui est tué dans sa RACINE par l’union du pécheur avec Christ mourant et ressuscité (Romains 6). Résumons maintenant les caractères de la vraie foi tels que nous les trouvons dépeints dans la Bible.

La foi qui sauve est celle du cœur (Romains 10.9-10). Dans les Écritures, le cœur est le vase qui contient la pensée, les sentiments, la volonté (Marc 7.21-23). La foi du cœur est donc une foi qui gouverne la pensée, les sentiments et la volonté. Elle se manifeste à l’extérieur par l’accomplissement des œuvres que Dieu a préparées à l’avance afin que nous marchions en elles (Éphésiens 2.10; cf. Hébreux 11; Jacques 2.14-25). Ainsi se concilient très bien la doctrine de Paul et celle de Jacques.

Pour l’un et l’autre, la foi qui sauve est celle qui produit des œuvres, et les œuvres que Dieu agrée sont celles que produit la foi (Romains 4.2-8 ; Jacques 2.18-26). La foi sans les œuvres est morte, or une foi morte n’est pas la foi ! La foi qui sauve est agissante par l’amour (Galates 5.6). La vraie foi est toujours unie à l’amour. On peut avoir une foi sans l’amour (1Corinthiens 13), mais on ne peut avoir le vrai amour sans la foi.

On peut confesser que le Christ est venu et ne pas aimer le Christ, mais impossible d’aimer le Christ sans proclamer que le Christ est venu.

saint AUGUSTIN

La foi qui sauve reçoit Christ qui se donne à nous comme Sauveur, comme Libérateur, comme Seigneur. Elle donne l’assurance du pardon de nos péchés en se fondant uniquement sur l’œuvre expiatoire de Christ (Romains 3.24-25). Elle nous libère de la puissance du péché en nous apprenant à compter entièrement sur Christ (Jean 8.36 ; Romains 8.2-4). Enfin, elle soumet sans réserve notre esprit aux enseignements du Maître et notre vie à Son contrôle absolu. Elle se confie uniquement en Christ. Elle est inébranlable, elle sait qui elle croit (2Timothée 1.12). Elle invoque le nom du Seigneur (Romains 10.13-14). Elle ne recule pas devant la confession publique du nom de Jésus et n’a pas honte de le confesser. Elle accomplit son service malgré les dangers et les épreuves (Hébreux 10.38-39). Elle supporte l’épreuve qui l’épure et la fortifie à la louange, à l’honneur et à la gloire de Dieu (1Pierre 1.7).

Dans le passage d’Hébreux 11.1, nous trouvons encore deux caractères de la foi : « elle est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas. » Elle perçoit l’invisible et saisit les réalités spirituelles. De même que nos sens nous mettent en relation avec le monde physique, la foi nous met en relation avec le monde spirituel. Ce qu’elle affirme dans le domaine spirituel a autant de valeur que ce qu’affirment les sens dans le domaine physique, ou la raison dans le domaine scientifique. Si la foi qui sauve ne se repose pas sur l’évidence, elle n’est cependant ni la crédulité, ni la spéculation, car elle a ses motifs propres et ses méthodes de démonstration.

Loin d’être aveugle ou de se complaire dans l’ignorance, elle sait en qui elle croit (2Timothée 1.12). Elle connaît (à sa manière) ce qui surpasse toute intelligence (Éphésiens 3.18 ; Jean 6.69). Elle comprend ce que les saints seuls peuvent comprendre (Éphésiens 3.18). En un mot, la foi a sa certitude indépendante de la logique, comme « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » (PASCAL).

On voit que des trois éléments de la foi :

  • une connaissance plus ou moins claire de son objet, c’est-à-dire de Dieu,

  • la conviction que la Parole est vraie,

  • et la confiance en Lui,

c’est le dernier qui constitue essentiellement la foi religieuse. PASCAL l’a définie : « Dieu sensible au cœur ».

« Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité. Et par ceci nous saurons que nous sommes dans la vérité, et nous assurerons nos cœurs devant Lui, que, si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et Il sait toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance envers Dieu ; et quoi que nous demandions, nous le recevrons de Lui, parce que nous gardons Ses commandements et que nous pratiquons les choses qui sont agréables devant Lui » (1Jean 3.18-23).

CHAPITRE 8
L'ŒUVRE ET LES RÉSULTATS BÉNIS DE LA FOI

L‘œuvre de la foi est immense ! Ses résultats innombrables ! La foi nous met en possession du « si grand salut » de Dieu (Hébreux 2.3), que nous ne saurions négliger sans manquer sur la terre notre destination, et finalement sans encourir une perdition éternelle. Seule elle s’approprie ce salut gratuit offert à tous, par la souveraine grâce de Dieu (Éphésiens 2.8 ; Romains 1.16 ; 1Timothée 2.4). Selon les déclarations divines, l’homme n’a pas à faire son salut, et il ne le peut pas. Christ seul en est l’Auteur (Hébreux 5.9). Sur la croix, Il a tout accompli (Jean 19.30) pour nous sauver entièrement (Hébreux 7.25).

Nous n’avons et nous ne pouvons rien y ajouter, car sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée (Galates 2.16). À ceux qui lui demandèrent un jour : « que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ? », Jésus répondit : « C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyez en celui qui l’a envoyé » (Jean 6.28-29). Énumérons maintenant quelques-unes des opérations de la foi :

  • la foi en Christ nous applique les pleins résultats de Son œuvre expiatoire, et nous réconcilie avec Dieu pour l’éternité (1Corinthiens 1.30-31 ; 2Corinthiens 5.18) ;

  • par elle nous recevons présentement le pardon de tous nos péchés, pardon immérité, mais efficace en vertu du sang versé par le Sauveur (Colossiens2.13). Ce pardon devient en nous une source intarissable de reconnaissance et d’amour ;

  • nous sommes justifiés sur le principe de la foi. La justification totale que Dieu nous offre et qui fait le grand sujet de l’épître aux Romains, est basée sur la malédiction qui est tombée sur Christ (Galates 3.13). Par la foi nous nous approprions cette offre qui nous donne pour tout notre passé la paix avec Dieu, Sa faveur pour le présent, et l’espérance de la gloire pour l’éternité (Romains 5.1-2) ;

  • nous recevons la vie éternelle par la foi (Jean 3.16 ; 20.31). Christ est la vie (Jean 14.6); la foi en Christ nous communique cette vie (1Jean 5.11). Nous la possédons dès l’instant où nous croyons (Jean 5.24; 1 Jean 5.13), et nous ne pouvons la perdre (Jean 10.28) ;

  • par la foi nous recevons le droit d’être enfants de Dieu (Jean 1.12-13). Quand nous acceptons Christ, Dieu nous adopte dans Sa famille, et rien ne peut briser cette relation d’enfants avec leur Père, relation qui fait de nous les héritiers de Dieu et les cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui (Romains 8.17). La foi, s’appuyant sur les grandes et précieuses promesses de Dieu, nous rend participants de la nature divine (2 Pierre 1.4) ;

  • nous sommes sanctifiés par la foi. Dieu nous offre dans sa Parole, une grâce sanctifiante que nous nous approprions par la foi (Actes 26.18 ; Jean 17.17) ;

  • nos cœurs sont purifiés par la foi (Actes 15.9) Il y a dans la Parole de Dieu une puissance purificatrice. Si nous croyons en cette Parole, elle exercera cette puissance sur nos cœurs ;

  • par la foi, Christ habite dans nos cœurs et y accomplit Son œuvre glorieuse (Éphésiens 3.17) ;

  • par elle, délivrés du pouvoir des ténèbres (Colossiens 1.13), nous sommes déjà assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (Éphésiens 2.6) ;

  • par elle encore nous sommes maintenus debout (2Corinthiens 1.24), la foi étant la victoire qui a vaincu le monde et qui en triomphe sans cesse (1Jean 5.4). La foi est également le bouclier par lequel le croyant peut éteindre tous les dards enflammés du malin (Éphésiens 6.16) ;

  • par la foi, moyen de notre réconciliation avec Dieu, « nous entrons dans le repos », dans cette communion vivante avec Dieu, dans laquelle l’âme trouve dès ici-bas et pour l’éternité le repos et la paix (Hébreux 4.1-3 ; Matthieu 11.28-30) ;

  • pour l’instant, nous sommes sauvés en espérance (Romains 8.24). Nous possédons actuellement le salut par anticipation, et la puissance de Dieu nous garde, par la foi, jusqu’au jour de la pleine possession de ce salut, qui intéresse non seulement notre âme, mais aussi notre corps, notre être tout entier (1Pierre 1.5-9; Philippiens 3.20). L’œuvre de la rédemption comprend donc finalement le salut de nos corps mortels, que Christ à sa venue transformera en la conformité de Son corps glorieux (Philippiens 3.20-21). Ainsi, l’Esprit de celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera nos corps mortels aussi à cause de son Esprit qui habite en ceux qui croient (Romains 8.11).

Si les avant-goûts de ce salut final sont déjà une joie ineffable et glorieuse, que sera-ce quand nous l’aurons atteint ? Si le salut est une opération successive qui présente plusieurs côtés, chacun des facteurs qui le compose dépend de la foi. En Jésus-Christ, Dieu nous offre un salut total fondé sur la mort et la résurrection de son Fils, qui nous donne dès ici-bas :

  • la paix de l’âme,

  • le pardon de nos péchés,

  • la justification,

  • la réconciliation avec Dieu,

  • la vie éternelle.

Ce salut, qui nous met en règle avec Dieu pour l’éternité, est cependant une affaire de vie et de dépendance journalière. Sauvés, nous avons à accomplir sur la terre notre destination, à vivre et à marcher sur le plan de Dieu d’une manière digne de notre appel (Éphésiens 4.1).

C’est dans ce sens que Paul nous exhorte disant: « Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement : car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Faites toutes choses sans murmures et sans raisonnements, afin que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie . . . » (Philippiens 2.12-16).

Le bonheur et la seule gloire de l’homme, c’est de pouvoir vivre en glorifiant Dieu. L’homme avait été créé pour être le miroir de Dieu. S’il n’accomplit pas sa destination, il est en cela inférieur aux bêtes et au reste de la Création.

Seule la foi en Christ nous permet de vivre notre salut, car c’est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire. À Dieu seul toute la gloire ! La foi est la sphère nouvelle dans laquelle le chrétien vit, agit et meurt.. Elle est le principe qui doit régir toutes nos actions. Tout ce que nous ne faisons pas sur le principe de la foi est péché (Romains 14.23). Dans notre vie pratique, les résultats et l’activité de la foi sont multiples :

  • c’est par elle et non par la vue que le croyant marche durant sa course terrestre (2Corinthiens 5.7) ;

  • dans un monde de mort et de ténèbres, elle nous procure la lumière de la vie (Jean 8.12; 12.46) ;

  • dans la vallée des larmes et de l’ombre de la mort (Psaume 84.6; Psaume 23), elle nous délivre de toutes les angoisses de notre cœur et de tous les troubles de notre âme, nous gardant dans la paix (Jean 14.1 ; Ésaïe 26.3) ;

  • la foi est une source de joie intarissable (1Pierre 1.8) ;

  • elle satisfait pleinement nos cœurs, Jésus étant l’accomplissement de tous nos désirs (Jean 6.35 ; cf., Psaume 87.7 et Colossiens 2.10) ;

  • par elle le Saint Esprit vient habiter en nous et fait jaillir des fleuves d’eau vive de nos entrailles (Jean 7.38-39) ;

  • elle met à notre disposition la force physique dont nous avons besoin (Psaume 27.1 ; 68.29 ; 84.5.7 ; Ésaïe 40.29-31) et peut, selon les voies de Dieu à notre égard, nous donner la guérison de nos corps (Matthieu 9.22-29 ; Jacques 5.14-15);

  • la foi s’empare de la puissance de Dieu et reçoit en Jésus le pouvoir d’accomplir des choses merveilleuses (Matthieu 21.21 ; Jean 14.12 ; Hébreux 11.31-34) ;

  • en croyant aux promesses de Dieu, qui sont toutes « oui et amen en Christ » (2Corinthiens 1.20), celles-ci deviennent notre jouissance effective et trouvent leur plein accomplissement (Marc 11.23-24 ; 1Jean 5.14-15). Si nous croyons, nous verrons la gloire de Dieu (Jean 11.40), et au nom de Jésus nos prières seront exaucées (Matthieu 21.22 ; Jacques 1.5-7).

Seule l’incrédulité s’oppose à ce que nous éprouvions la puissance de Dieu (Matthieu 17.19-20). Nous recevons ce en quoi nous avons cru (Hébreux 4.1-4). La jouissance de la plénitude des bénédictions de Dieu (Éphésiens 1.3) est destinée à ceux qui la réclament et dans la mesure où ils la désirent (cf. Josué 1.3). « Toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9.23).

Plus notre foi sera simple, plus elle sera grande. Dans la mesure où nous croyons nous ferons l’expérience de la puissance de Dieu (voir Romains 4.19-24 et Hébreux 11). La foi trouve en Jésus Christ son fondement inébranlable. En Lui elle a la solidité du Rocher et résiste à toutes les tempêtes, aux vagues de fond les plus violentes, aux orages les plus dévastateurs. Elle émerge de la ruine et du chaos des hypothèses, des opinions et des affirmations humaines.

Elle reste debout dans la souffrance, quand tout chancelle, et domine, sereine et inchangée, la figure du monde qui passe. Cuirasse protectrice (1Thessaloniciens 5.8), bouclier indispensable pour éteindre les dards enflammés du malin (Éphésiens 6.16), la foi nous donne toujours la victoire (1Corinthiens 15.57) et nous rend plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Romains 8.37).

La foi allie en elle la force du LION (Proverbe 30.30), la douceur et l’humilité de l’AGNEAU (Ésaïe 53.7; Jérémie 11.19), la patience, l’endurance, la persévérance du BŒUF marchant dans le sillon. Enfin, la foi nous donne les ailes et les yeux de l’AIGLE, qui nous permettent de nous élever au-dessus des circonstances du temps présent, d’éviter les pièges de Satan, de franchir tous les obstacles, nos regards constamment fixés sur les réalités invisibles, mais éternelles (2Corinthiens 4.18; cf. Ésaïe 40.31; Proverbe 1.17; Job 39.30-32).

« Ne rejetez donc pas loin votre confiance qui a une grande récompense. Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez les choses promises. Car encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et Il ne tardera pas. Or le juste vivra de foi » (Hébreux 10.35-38).

CHAPITRE 9
LES MANIFESTATIONS DE LA FOI

Lorsque la foi remplit nos cœurs, elle ne nous laisse pas intacts. Bien vite elle manifeste sa présence, et sous son impulsion notre vie extérieure devient le reflet de notre vie intérieure. Christ habitant en nous, et nous-mêmes vivant en Lui, notre manière de penser, de parler et d’agir tendra à être de plus en plus semblable à celle de Christ (Philippiens 4.8-9 ; Colossiens 3.1-3). Un changement aussi radical ne passera pas inaperçu aux yeux du monde.

Nous arrachant à nous-mêmes, la foi nous fera vivre sur le plan de Dieu, dans une obéissance immédiate et implicite aux commandements de Celui en qui nous croyons, non seulement parce qu’il ordonne, mais simplement parce que nous l’aimons. Notre obéissance n’est plus légale, mais une obéissance d’amour. Peu importe si nous ne savons pas le but de tel ou tel désir du Seigneur et si nous ignorons les résultats de notre obéissance. Nous vivrons dans une entière dépendance du Maître, apportant à Jésus tous nos besoins et surmontant tous les obstacles qui se dressent entre Lui et nous (Philippiens 4.7 ; Hébreux 12.1-3 ; Éphésiens 6.13).

Nous continuerons à implorer de Lui les bénédictions promises, malgré les sujets de découragement, et même en face de Son refus apparent d’exaucer (Hébreux 6.12 ; Matthieu 15 21-28 ; 1Rois 18.42-44). Nous accomplirons avec zèle et joie les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Éphésiens 2.10). Les difficultés qui se trouveront sur notre route et qui pourraient entraver l’accomplissement des promesses de Dieu ne nous arrêteront pas (Hébreux 11.17-19 ; Romains 4.18-20). Nous persévérerons à suivre le sentier que Dieu nous trace, même en face des obstacles, des périls et des pertes apparentes (Hébreux 11.27). Nous préférerons sacrifier nos biens, notre position, notre réputation, nos facilités, notre vie, s’il le faut, plutôt que déshonorer Christ ou le renier (Hébreux 10.32-34 ; Hébreux 11 ; cf. Philippiens 3.8).

La foi ne compte pas sur les avantages présents et visibles, mais sur ceux qui sont à venir, invisibles, mais permanents. Elle sait attendre avec patience l’accomplissement des promesses de Dieu. Dans cette attente, nous n’aurons point honte de confesser le beau nom de Jésus devant les hommes, malgré les opprobres, les moqueries, les injures qui pourront en résulter (Matthieu 10.32-33 ; Jean 16.1.33 ; 2Timothée 1.8).

Nos yeux s’ouvriront sur les besoins spirituels et matériels de nos proches, de nos voisins, des foules sans berger, et soudain la vision missionnaire nous sera donnée (Matthieu 9. 36-38). La foi nous remplira d’une sainte hardiesse (Actes 4.29 ; Éphésiens 6.19-20) pour proclamer la parole de vie à tous les hommes, et par notre témoignage des âmes se tourneront vers le Seigneur (Actes 4.29). Nous manifesterons, dans la nuit de ce monde, la lumière divine, car par la foi nous sommes fils du jour et lumière dans le Seigneur (1Thessaloniciens 5.5 ; Éphésiens 5.8). L’amour du Christ étreindra nos cœurs, nous pressant d’apporter aux âmes perdues l’évangile, le message de la réconciliation (2Corinthiens 5.14-21).

La foi fera de nous une prédication vivante, la lettre de Christ lue et connue de tous les hommes (2Corinthiens 3.2-3). Nous serons la bonne odeur de Christ pour Dieu, des vases saints répandant le parfum de Sa connaissance en tous lieux. Cette odeur sera une odeur de vie pour ceux qui croient et acceptent l’évangile, mais une odeur de mort pour les incrédules qui résistent à l’action de Dieu (2Corinthiens 2.14-16). La foi en Jésus se manifeste donc par un changement radical de vie, qui est plus qu’une observation de formes, de principes et d’habitudes pieuses. C’est une vie nouvelle vécue partout, le dimanche comme la semaine, aussi bien à la campagne qu’à la ville, aux champs, à l’école, à l’atelier, au bureau, comme à l’église et aux réunions. Il ne doit pas exister de dualité dans la vie chrétienne. La vraie foi ne donne pas la possibilité de se conduire d’une manière dans notre travail et d’une autre dans les réunions de prières.

La Parole demeure : « Tout ce qui n’est pas fait sur le principe de la foi est péché » (Romains 14.23). Ceux qui font profession de christianisme et qui oublient cette vérité sont les pires ennemis de la Croix de Christ (Philippiens 4.18-19). N’appelons plus Christ « notre Seigneur» si nous n’acceptons pas Son contrôle sur tous les actes de notre vie. Si Jésus est réellement notre Maître, rompons alors avec tout ce qui n’est pas à Sa gloire et devenons Ses imitateurs aux yeux de Dieu et du monde, faisant tout pour la gloire de Dieu (1Corinthiens 10.11).

Pour cela, vivons dans Sa communion constante, et avant chacune de nos actions, petites ou grandes, demandons nous « Que ferait Jésus à ma place ? » Cette simple question nous obligera à mieux connaître la personne du Seigneur, Sa pensée et Sa vie. Nous verrons alors en lisant les évangiles, toute la distance qui nous sépare encore du Modèle et qui discrédite tant notre témoignage aux yeux du monde. Si nous sommes fidèles à vouloir suivre Jésus et les traces de la foi (Romains 4.12), l’orientation de notre vie entière risque fort d’être sensiblement modifiée.

La recherche du royaume de Dieu et de Sa justice devenant notre première préoccupation (Matthieu 6.33), plusieurs entendront l’appel du Maître qui retentit plus actuel que jamais : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers : suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’Il pousse des ouvriers dans Sa moisson » (Matthieu 9.37-38). Alors peut-être, toi qui lis ces lignes, tu lèveras les yeux et verras les campagnes déjà blanches pour la moisson (Jean 4.35). Puis, entendant le Seigneur dire : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? », tu répondras : « Me voici, envoie-moi ! » (Ésaïe 6.8).

Autrefois, ton « Moi » était le centre de ta vie ; maintenant, dans la foi, tu diras avec Paul : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Galates 2.20), et tu montreras à la suite de l’apôtre que réellement pour toi, « Vivre, c’est Christ » (Philippiens 1.21). Une vie dont le centre a changé, telle est la manifestation de la foi et toute la force de la vie chrétienne ! « Je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ! » (Galates 2.19-20).

CHAPITRE 10
LES PÉCHÉS CONTRE LA FOI

D’une façon générale, il y a deux manières de pécher contre la foi.

A. On pèche par omission

  • par indifférence, quand on ne prend pas la peine d’étudier les vérités qu’il faut connaître, quand on estime que toutes les religions sont bonnes, ou pis encore, également fausses, et que dès lors on vit indifférent sans se soucier de Dieu qui a parlé, et auquel Sa créature doit prendre garde ;

  • par respect humain, quand on craint de montrer sa foi (Matthieu 26.33 ; Luc 22.56-57).

B. On pèche par action

  • quand on refuse la grâce et les appels du Seigneur ;

  • quand on s’attache à l’erreur ;

  • quand on n’agit pas en toutes choses sur le principe de la foi (Romains 14.23) ;

  • quand on doute volontairement (Jacques 1.5), donnant emprise au diable, le père du mensonge (Jean 8.44) ;

  • quand on renie une ou plusieurs vérités de la Parole de Dieu ;

  • quand on s’expose par de mauvaises fréquentations et la lecture de livres impies à affaiblir la foi ;

  • quand on étale ses doutes, dans des livres, des revues, des journaux ou des conférences publiques.

En terminant ce chapitre, jetons encore un rapide coup d’œil sur les différentes expressions se rapportant à la foi dans les épîtres à Timothée.

« Le naufrage quant à la foi » (1Timothée 1.19-20)

est la conséquence du rejet d’une bonne conscience. L’autorité de la Parole est alors perdue. On blasphème ou l’on peut blasphémer.

« L’apostasie de la foi » (1Timothée 4.1)

est annoncée spécialement pour les derniers temps. Apostasier de la foi c’est s’en séparer, s’en détourner. On rejette ouvertement la vérité reçue pour un temps pour s’attacher à l’erreur que l’on prêche. Ces hommes, dit l’apôtre, ont leur conscience cautérisée, c’est-à-dire brûlée par un fer chaud, comme les criminels à qui l’on appliquait la marque de leur délit, afin qu’ils fussent reconnus de tout le monde. Ces hommes portent dans leur conscience le sceau indubitable du mensonge et de la condamnation.

« Renier la foi » (1Timothée 5.8)

c’est agir contrairement à la vérité que l’on connaît et dont on se réclame ; c’est l’insoumission et la désobéissance à la Parole de Dieu dans notre vie pratique. Celui qui tombe dans cet état est pire qu’un incrédule ;

« Rejeter notre première foi » (1Timothée 5.12-13)

c’est ne plus avoir le même attachement à Christ et à sa Parole ; c’est l’abandon du premier amour (Apocalypse 2.4) ;

« S’égarer de la foi » (1Timothée 6.9-10)

Si notre cœur s’attache à l’argent, aux biens de ce monde, bien vite nous serons sans direction à côté de la vérité, perdant la jouissance de nos vraies bénédictions et nous transperçant de beaucoup de douleurs. Les soucis, la tromperie des richesses et les voluptés de la vie sont les épines qui étouffent la bonne semence et l’empêche de porter du fruit à maturité (Marc 4.19; Luc 8.14) ;

« S’écarter de la foi » (1Timothée 6.20-21; 1Timothée 2.18)

Sous l’influence de l’erreur reçue, par les objections d’une connaissance faussement ainsi nommée, la foi est renversée, et l’on est à côté de la vérité vers laquelle on tendait.

« Réprouvés quant à la foi » (2Timothée 3.8-9)

C’est l’état de ceux qui, ayant résisté à la vérité, ont leur entendement corrompu. La foi elle-même démontre leur état de perdition. Cependant, ils n’iront pas plus avant, ils ne réussiront pas dans leurs desseins, car leur folie sera manifeste pour tous.

CHAPITRE 11
LA RENCONTRE DÉCISIVE

Nous ne saurions terminer cette étude sur des définitions. Ces lignes manqueraient leur but, si elles s’arrêtaient ici. Nous désirons que leur conclusion ne soit pas une fin, mais conduise beaucoup d’âmes à l’aurore d’une vie nouvelle. Tout naturellement, une question s’impose à notre esprit : « Avons-nous la foi ? » « Examinez-vous vous-mêmes, dit l’apôtre, et voyez si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes » (2Corinthiens 13.5) .

Aucun de nous ne peut vivre plus longtemps dans l’indifférence, dans l’incertitude ou dans une fausse sécurité. Le désir de Dieu est de sauver tous les hommes (1Timothée 2.4). Il veut que personne ne périsse, mais que tous viennent à la repentance (2Pierre 3.9). Cependant Dieu ne veut pas réaliser le salut n’importe comment. L’homme n’y parvient pas par n’importe quel moyen. Le péché est une faute trop grave pour que l’homme puisse la réparer.

Aussi a-t-il fallu l’intervention directe de Dieu. En fait, Dieu a posé une condition. La foi en Christ est la condition sine qua non de l’obtention du salut. Christ est l’Auteur de ce salut. La Rédemption suffit pour nous racheter de tous nos péchés (Ésaïe 1.18). Il ne manque rien à Son sacrifice expiatoire (Hébreux 9.26). Tout est accompli. Le salut est offert gratuitement à tous (Ésaïe 55.1; Romains 3.24). Ce salut ne comprend pas seulement la béatitude éternelle, mais aussi la délivrance actuelle du péché (Romains 8.2). Il n’est pas une religion qui endorme les âmes, un salut qui aurait sur nos vies l’effet de l’opium et qui donnerait raison à la propagande des sans-Dieu.

Le salut de Dieu est une vie nouvelle, et cette vie est dans Son Fils (1Jean 5.11.)

Dieu a donné aux hommes un Sauveur. Il s’agit d’un fait et non d’une idée, d’une religion. Nous n’avons pas à regarder d’abord à nous-mêmes et à chercher à voir si nous sommes vraiment pécheurs et perdus. Nos appréciations ne sont pas des critères sûrs. Nous avons à regarder à Christ, qui se présente à nous comme Sauveur. C’est Lui qui nous révèle et nous explique la nécessité d’être sauvés. La contemplation du Christ au Calvaire nous révèle l’affreuse réalité de nos péchés. C’est dans les ténèbres de Golgotha que nous entendons le grondement terrible des flots de la colère de Dieu qui devait nous atteindre, mais qui tomba sur Christ notre substitut (Ésaïe 53.6).

En Christ, Dieu s’est fait homme, et comme homme il n’a pu que souffrir dans la situation de l’homme. Il fut le pauvre, le méprisé, l’homme de douleurs (Ésaïe 53). La cause de la souffrance totale de Jésus, c’est le péché (2Corinthiens 5.21). Saint et juste, Il ne rencontra dans ce monde que la haine et l’opposition des hommes. À la croix nous est dévoilée notre misère et les résultats de l’opposition existant entre Dieu et l’homme.

Dans le Fils de Dieu devenu homme et portant nos péchés nous sont manifestés le courroux de Dieu contre les pécheurs et la révolte des hommes contre Dieu. Cette révolte, Christ l’a prise sur Lui ; cette colère, Christ l’a subie seul et entièrement à la Croix. Sur cette croix, Christ a porté notre souffrance, nos péchés, mais aussi Il les a emportés dans sa mort. La croix n’est pas seulement un instrument de souffrance, mais plus encore l’instrument d’une victoire qui est confirmée pleinement par la résurrection de Christ d’entre les morts.

Devant Sa personne sainte et adorable, devant la Croix où Il mourut, Lui, l’Innocent pour l’homme coupable, nos yeux soudain se dessillent et nos cœurs endurcis se fondent. Une conviction réelle et profonde de péché nous est donnée, en même temps que jaillit dans nos cœurs brisés et humiliés l’assurance joyeuse que le Fils de Dieu s’est chargé de tous nos péchés, que l’œuvre de notre salut a été accomplie par Lui. Ainsi, dès l’instant où j’accepte le fait qui s’est produit dans la personne unique du Sauveur, je possède la foi et par elle le salut. Cette acceptation ne me laisse pas intact. Elle m’entraîne à la suite du Sauveur dans Sa mort et sa résurrection.

Cette opération de l’Esprit de Dieu ne s’accomplit pas seulement dans le secret de ma vie intérieure, mais elle laisse des traces dans ma vie extérieure. Aucune partie de notre existence n’est soustraite à cette transformation. La mort de Christ agit dans nos membres (2Corinthiens 4.10), et la seigneurie du Ressuscité s’établit sur tout notre être et englobe tous les domaines de notre vie.

Beaucoup de personnes ne prennent pas nettement parti pour les chrétiens, d’autres même sont contre eux. Elles voient leurs imperfections, et surtout leurs inconséquences, qui leur cachent une partie de la vérité et ternissent la clarté de leur témoignage. Grâces à Dieu, les chrétiens ne sont pas les objets de la foi, mais Christ. Et quand Il s’agit de Christ, ne pas se prononcer pour Lui, c’est se prononcer contre Lui ; car en Lui, il n’y a ni erreur, ni inconséquence. En un mot, Jésus c’est l’Absolu. Il n’y a aucune excuse pour ceux qui le repoussent.

C’est donc pour Christ, et non pour les chrétiens, pour le Sauveur et non pour une religion, que nous sommes appelés à prendre position aujourd’hui. Christ nous appelle à devenir nous-mêmes ces chrétiens humbles, fidèles, conséquents, que nous avons tant de peine à découvrir autour de nous. Ne cherchons donc plus le chrétien modèle, mais devenons le nous-mêmes en rencontrant et en recevant personnellement Christ, l’objet immuable de la foi. Une rencontre avec Christ, voilà ce qui produit une conversion réelle et visible, une nouvelle naissance manifeste (Jean 3.1-21). Les hommes ont un urgent besoin de cette rencontre.

C’est pour les placer sur le chemin où elle peut avoir lieu que ces lignes ont été écrites. Celui qui a rencontré « le Vivant » (Apocalypse 1.17) ne peut rester froid ou tiède, mais devient bouillant pour Dieu. Une vie nouvelle prend possession de son être et l’entraîne sur les traces du Sauveur. Cette rencontre nous fait reconnaître notre néant et l’amour de Dieu, qui a tout accompli pour nous. Elle a pour effet de nous dépouiller de tous mérites propres, pour nous faire vivre uniquement des mérites de Christ. Elle nous sort de nous-mêmes et nous place en Christ.

Ainsi, la rencontre dont nous parlons, n’est pas quelque chose de vague ; elle conduit à un acte, à une décision dont on se souvient et dont les conséquences se manifestent durant toute notre vie.

  • Saul de Tarse a rencontré Jésus, et sa vie fut changée. C’était sur le chemin de Damas, à midi (Actes 9).

  • L’eunuque d’Éthiopie l’a rencontré. C’était dans son voyage de retour de Jérusalem à son pays, assis dans son char, lisant un chapitre d’Ésaïe le prophète (Actes 8.26-39).

  • Lydie, marchande de pourpre, l’a rencontré. C’était au bord du fleuve, à l’heure de la prière : (Actes 16.13-15).

  • Trois mille âmes l’ont rencontré à la prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte (Actes 2.41).

  • Corneille, ses parents et ses amis intimes l’ont rencontré, un jour, tandis qu’assis dans la maison, ils écoutaient la parole de Pierre (Actes 10.25-48).

  • Serge Paul, homme intelligent, l’a rencontré, étant saisi par la doctrine du Seigneur au moment où la main de Dieu frappait de cécité le magicien Élymas (Actes 13.6-12).

  • Le geôlier de Philippe l’a rencontré. C’était en une nuit tragique, dans une prison (Actes 16.27-34).

  • Denys, l’Aréopagite, et Damaris, l’ont rencontré. C’était à Athènes, à l’issue du remarquable discours de Paul devant l’Aréopage (Actes 17.34).

Chers lecteurs, laissez-moi vous poser affectueusement cette question :

Avez-vous rencontré Christ ?

« Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici c’est maintenant le jour du salut » (2Corinthiens 6.2). Acceptez le Sauveur ! Alors s’ouvrira devant vous le chemin de la foi, dans lequel ont marché une nuée de témoins (Hébreux 11). Sur les traces bénies de ces témoins, desquels le monde n’était pas digne, faisons une chose : « Oubliant les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers celles qui sont devant, courons droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Philippiens 3.14)

L’heure vient où le Seigneur vomira les tièdes de Sa bouche (Apocalypse 3.16). « Quant aux timides, et aux incrédules, et à ceux qui se sont souillés avec des abominations, et aux meurtriers, et aux fornicateurs, et aux magiciens, et aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part sera dans l’étang de feu et de soufre, qui est la seconde mort » (Apocalypse 21.8). Plus de timides, de tièdes et d’hésitants, mais des êtres bouillants pour Christ, qui nous a aimés et qui s’est livré lui-même pour nous ! (Galates 2.20).

« Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement de la fontaine de l’eau de la vie » (Apocalypse 22.17).

RÉPERTOIRE DES ÉCRITS DE GASTON RACINE